Mars avait un océan aussi grand que l'Arctique

Des scientifiques de la Nasa ont découvert que la planète rouge avait perdu 87% de son eau dans l'espace.

L\'océan qui occupait l\'hémisphère nord de Mars dans la jeunesse de la planète rouge occupait 19% de sa surface, selon la Nasa.
L'océan qui occupait l'hémisphère nord de Mars dans la jeunesse de la planète rouge occupait 19% de sa surface, selon la Nasa. (NASA / GSFC)

Il y a bien longtemps, dans notre propre galaxie, Mars avait un autre visage. Et d'après des scientifiques de la Nasa qui ont publié leurs conclusions jeudi 5 mars dans la revue américaine Science (en anglais), la planète rouge possédait un vaste océan aussi grand que l'Arctique. Ces chercheurs ont aussi estimé en analysant l'atmosphère martienne que Mars avait perdu 87% de son eau dans l'espace.

(NASA / YOUTUBE)

D'après leurs travaux, quand elle était encore une planète humide, Mars avait suffisamment d'eau pour la recouvrir entièrement sur une profondeur de 137 mètres. Mais la réalité était probablement que cette eau formait un océan qui recouvrait la moitié de l'hémisphère nord de la planète, atteignant par endroits des profondeurs de plus de 1,6 km. Vu sa géologie, cette partie de Mars est considérée depuis longtemps par les scientifiques comme la zone la plus propice pour contenir un océan, qui devait couvrir 19% de la planète. En comparaison, l'Atlantique occupe 17% de la surface de la Terre.

Un calcul basé sur la comparaison entre deux types d'eau

Cette nouvelle estimation est basée sur des observations très détaillées de formes légèrement différentes d'eau, la plus familière, formée d'un atome d'oxygène et de deux atomes d'hydrogène (H2O), et l'eau semi-lourde (HDO), dans laquelle un des deux atomes d'hydrogène est remplacé par du deutérium.

Utilisant le télescope Keck 2 à infrarouge de la Nasa situé à Hawaï, et un puissant télescope européen de l'European Southern Observatory (ESO) au Chili, ces scientifiques ont pu faire la distinction entre les signatures chimiques des deux eaux. C'est en comparant le ratio de l'eau semi-lourde dans l'eau normale que les chercheurs ont pu en déduire la quantité d'eau qui s'était échappée dans l'espace. Ils ont effectué leurs mesures à de nombreuses reprises pendant six ans, soit environ trois années martiennes.

Mars aurait pu être habitable plus longtemps

"Avec Mars perdant autant d'eau, la planète a très probablement été humide plus longtemps qu'estimé jusqu'alors, ce qui suggère qu'elle aurait pu être habitable plus longtemps", souligne Michael Mumma, un scientifique du centre Goddard, coauteur de ces travaux. Avant cette étude, on estimait que la période chaude et humide de Mars, appelée Noachien, s'était achevée il y a environ 3,7 milliards d'années.

Il est aussi possible que Mars ait contenu dans le passé encore plus d'eau, dont une partie se serait infiltrée sous la surface, relèvent ces chercheurs. Selon eux, les nouvelles cartes des ratios d'eau qui révèlent des microclimats et des fluctuations dans les quantités d'eau contenues dans l'atmosphère pourraient être utiles dans la recherche de nappes d'eau dans le sous-sol.