"Aller vers Mars, tourner autour et revenir, c'est difficile mais c'est faisable" : 2020, une année chargée en missions martiennes

La Cité de l'espace de Toulouse a mis à l'honneur lundi dernier les trois missions qui s’élancent d’ici à la fin du mois vers la planète rouge. Au rendez-vous, les scientifiques qui ont participé à la conception du "rover" Perseverance.

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édité par Simon Philippe - franceinfo - Stéphane Iglésis
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le centre de contrôle de la mission de la sonde martienne "Hope" au centre spatial Mohammed Bin Rashid à Dubaï le 19 juillet 2020, avant son lancement prévu depuis le Japon. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

La Cité de l’espace de Toulouse organisait, le 20 juillet 2020, une journée martienne pour le grand public. Les spécialistes toulousains de la planète rouge étaient au rendez-vous. Les bouchons ne sont pas réservés à la route des vacance : cette année est bien chargée en missions vers Mars. Les missions émiraties et chinoises célèbrent pour l’une les 50 ans des Émirats arabes unis, pour l’autre les 100 ans du parti communiste chinois. La première, la mission Hope des Émirats arabes unis, a décollé lundi du Japon. Pour les deux autres, chinoise et américaine, c'est normalement avant la fin du mois, si tout va bien côté météo. La mission européenne Exomars est, quant à elle, reportée à l’année prochaine

Trouver des traces de vie ancienne

La mission américaine mars 2020, fait encore de la science à distance. Parmi ses instruments, la "Super ChemCam", en partie conçue à Toulouse. Sylvestre Maurice, de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (Irap), est l’un de ses concepteurs. "Curiosity a montré l'habitabilité de la planète, c'est-à-dire que les conditions ont permis la naissance de quelque chose qui devrait ressembler à des bactéries, explique-t-il. Donc notre véhicule va explorer, étudier, puis prélever des échantillons, les encapsuler en quelque sorte, et les déposer au bord du chemin. Des missions futures iront les récupérer."

Comme Curiosity a eu des problèmes de pneus, les roues du rover Perseverance ont été renforcées. Et il atterrira directement dans un lieu intéressant pour la chasse aux fossiles. "Au centre de ce cratère, depuis l'orbite, on a pu voir qu'il y avait un dépôt deltaïque, décrit Jérémy Lassus, astronome adjoint de l’Irap. Cela correspond un peu à ce qu'il se passe au niveau du delta du Rhône, par exemple. Cela prouve qu'une rivière a coulé là, avec un lac. Ce sont des endroits où l'on a beaucoup de chance, en tout cas sur Terre, de conserver des fossiles de bactéries et donc de la vie primitive qu'il y aurait pu avoir sur Mars."

Encore loin d'un vol habité

Si tout va bien les échantillons de roches martiennes seront rapportés sur Terre en 2031. Pour une mission humaine sur mars, c’est beaucoup plus compliqué. Jean-François Clervoy, astronaute de l’ESA, l’Agence spatiale européenne : "Aller vers Mars, tourner autour et revenir, c'est difficile mais c'est faisable dans les 15 à 20 ans qui viennent, pour les missions habitées. Aller vers Mars descendre et revenir, là c'est beaucoup plus compliqué."

Je pense que le premier vol habité, sera de deux ans et demi, en apesanteur continue, sans se poser.

Jean-François Clervoy

à franceinfo

"Dès qu'on parle de vaisseaux habités, on parle tout de suite de 10 ou 15 tonnes. Et donc des rétrofusées pour compenser le poid, qui sera aussi beaucoup plus lourd que si c'était sur la Lune, commente l'astronaute. Et tout ça sans pouvoir être aidé en temps réel par le centre de contrôle, à cause de la distance."

Cerise sur le gâteau, ou plutôt sur le rover, Perseverance aura deux micros. Et ils ne sont pas destinés à faire de la radio en stéréo : l’un servira à écouter les roches percutées par la "Super ChemCam laser", l’autre servira à écouter les vents de Mars...

2020, une année chargée en missions martiennes - reportage Stéphane Iglésis
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