Les enfants autistes ont davantage de neurones

Ils ont également un cerveau plus gros selon une étude américaine publiée aujourd'hui.

Un éducateur (à g.) s\'occupe de Kenrik, un jeune autiste, le 12 mars 2007 au domicile de celui-ci à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).
Un éducateur (à g.) s'occupe de Kenrik, un jeune autiste, le 12 mars 2007 au domicile de celui-ci à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis). (JOEL SAGET / AFP)

Une surabondance de neurones a bien pu être observée chez des enfants autistes, confirme une étude publiée mardi 8 novembre dans le Journal of the American Medical Association (Jama). Cette recherche, qui a consisté en l'analyse post-mortem de cerveaux de treize jeunes garçons âgés de deux à 16 ans, a révélé que les sept garçons qui souffraient d'autisme avaient en moyenne 67% plus de neurones dans la région du cortex préfrontal.

Cette zone du cerveau est le siège de différentes fonctions cognitives supérieures comme le langage, la communication et le raisonnement, compétences intellectuelles les plus affectées par l'autisme. 

Première étude à mesurer l'excès neuronal

Ces travaux paraissent confirmer des observations faites il y a une dizaine d'années avec l'aide de l'imagerie par résonance magnétique (IRM), révélant une croissance excessive du cerveau chez les enfants autistes. Les neurologues avaient alors théorisé qu'une prolifération excessive de ces neurones, résultant d'un dysfonctionnement prénatal, pourrait être la cause sous-jacente du syndrome. 

Mais selon ces chercheurs, cette nouvelle étude "est la première à mesurer quantitativement l'excès neuronal dans le cortex préfrontal et a confirmé la théorie selon laquelle une surabondance pathologique de neurones est présente dans des zones clé du cerveau à un très jeune âge chez les autistes".

Processus pré-natal

"Dans la mesure où ces neurones corticaux ne sont pas fabriqués après la naissance, l'accroissement anormal du nombre de neurones chez les enfants autistes est le signe d'un processus prénatal", explique Eric Courchesne, professeur de neurologie à l'Université de Californie.

La prolifération de ces neurones se fait entre la dixième et la vingtième semaine de gestation de manière exponentielle. "A ce stade, il y a une surabondance neuronale", poursuit le chercheur. Mais durant le troisième trimestre de grossesse et les premiers moments de la vie de l'enfant, environ la moitié de ces neurones sont, comme il se doit, éliminés dans un processus normal de mort cellulaire régulé.

Un échec de ce processus clé du développement du foetus et du jeune enfant créé apparemment un excès pathologique de neurones corticaux. "Nous avons trouvé un tel excès de neurones dans tous les cerveaux des enfants autistes étudiés" dans cette recherche, souligne Eric Courchesne, qui ajoute : "si de futures recherches peuvent expliquer la cause du nombre excessif de neurones cela fera bien avancer la compréhension de l'autisme et conduira peut-être à de nouveaux traitements."