Russie : de nouveaux tests ADN confirment l'authenticité des restes du dernier tsar, Nicolas II

Les résultats de ces nouveaux tests pourraient pousser la puissante Eglise orthodoxe à reconnaître ces restes comme étant authentiques et à autoriser leur inhumation religieuse.

Nicolas II, dernier tsar de Russie. 
Nicolas II, dernier tsar de Russie.  (ANN RONAN PICTURE LIBRARY / AFP)

De nouveaux tests ADN effectués sur les restes du dernier tsar de Russie, Nicolas II, et des membres de sa famille, assassinés il y a cent ans par les bolchéviques, ont confirmé leur authenticité, annoncent les enquêteurs russes, lundi 16 juillet. Les résultats de ces nouveaux tests pourraient pousser la puissante Eglise orthodoxe à reconnaître ces restes comme étant authentiques et à autoriser leur inhumation religieuse. Plusieurs analyses avaient déjà été réalisées par le passé par les autorités russes, mais leurs résultats n'ont jamais été reconnus par le clergé orthodoxe, dominé par les conservateurs.

Ces nouveaux tests génétiques avaient été exigés par l'Eglise, "ont confirmé que les restes étaient ceux de l'ancien empereur Nicolas II, de sa famille et de membres de son entourage", a annoncé le Comité d'enquête, chargé des principales affaires criminelles en Russie. Les restes du précédent tsar, Alexandre III, ont été exhumés et ont permis d'établir que Nicolas II et lui étaient "père et fils".

La famille impériale canonisée par l'Eglise orthodoxe en 2000 

Le porte-parole de l'Eglise, Vladimir Legoïda, a souligné dans un communiqué que le clergé examinerait "avec attention" ces résultats et a salué l'"atmosphère de transparence" dans laquelle l'enquête a été menée par les autorités russes. Celle-ci avait été rouverte en 2015 et est toujours en cours. Le patriarche orthodoxe Kirill doit prendre la tête d'une procession à la mémoire de Nicolas II et de sa famille, du lieu de leur assassinat à un monastère construit pour leur rendre hommage.

Nicolas II, son épouse Alexandra Fedorovna, leurs quatre filles et leur fils ont été fusillés par les bolchéviques dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 à Ekaterinbourg, dans l'Oural. Ils ont été canonisés par l'Eglise orthodoxe en 2000.

Les ossements de Nicolas II, de sa femme et de trois de leurs enfants ont été découverts en 1979 et inhumés en 1998 à la forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg. Retrouvés en 2007 seulement, les restes présumés des deux autres enfants du tsar, Alexeï et Maria, n'ont toujours pas été inhumés, faute d'accord entre les autorités et l'Eglise.