Le Premier ministre polonais parle "d'auteurs juifs" de la Shoah et fait scandale

Interrogé par un journaliste israélien qui demandait s'il risquait d'être puni en Pologne en racontant l'histoire de membres de sa famille, victimes du génocide et dénoncés par des voisins, le Premier ministre polonais a évoqué "des auteurs polonais [du génocide juif], tout comme il y avait des auteurs juifs, des auteurs ukrainiens ou allemands."

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, donne un discours à Munich (Allemagne), le 17 février 2018. 
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, donne un discours à Munich (Allemagne), le 17 février 2018.  (THOMAS KIENZLE / AFP)

Le Premier ministre polonais a fait scandale, samedi 17 février, en parlant d'"auteurs juifs" de la Shoah pour défendre la récente loi controversée destinée à défendre la Pologne d'accusations de complicité de génocide avec les nazis. Mateusz Morawiecki était interrogé en Allemagne par un journaliste israélien, Ronen Bergman, qui demandait s'il risquait d'être puni en Pologne en racontant l'histoire de membres de sa famille, déportés après avoir été dénoncés à la Gestapo par leurs voisins polonais durant la seconde guerre mondiale.

"Ce ne sera pas puni, ce ne sera pas considéré comme criminel que de dire qu'il y avait des auteurs polonais [du génocide juif], tout comme il y avait des auteurs juifs, des auteurs ukrainiens ou allemands", a-t-il dit en anglais lors de la conférence sur la sécurité à Munich."Bien sûr qu'il n'y aura pas de poursuites contre les gens qui disent qu'il y avait des auteurs polonais, car il y en avait. Mais nous ne pouvons mélanger auteurs et victimes car ce serait une insulte envers tous les juifs et tous les Polonais qui ont tant souffert pendant la seconde guerre mondiale", a ajouté le chef du gouvernement polonais.

Une "réaction incroyable"

Noa Landau, du journal israélien Haaretz, a réagi sur Twitter en dénonçant des propos "scandaleux", accusant par ailleurs la salle, qui avait applaudi la question du journaliste, de rester silencieuse face à la réponse du dirigeant polonais. Ronen Bergman a lui relevé sur Twitter que "la réaction [du Premier ministre polonais] était incroyable".