Espagne : procès du scandale des bébés volés sous Franco

Au pouvoir, Franco a soustrait des bébés à leurs parents pour les placer dans des foyers plus sûrs politiquement. Le premier procès des bébés volés s'est ouvert mardi 26 juin à Madrid.

France 3

"Où est mon frère ? Où est mon frère ?", crie une Espagnole. Devant le tribunal de Madrid mardi 26 juin, des dizaines de personnes scandent et réclament justice. Un ancien gynécologue de 85 ans est le premier accusé à comparaître dans le scandale des bébés volés. Le procès est historique pour les victimes, comme Inès Madrigal, enlevée à ses parents dès son plus jeune âge.

Un commerce lucratif jusqu'en 1987

En 1940, Franco, soutenu par l'Église, décide de purifier l'Espagne du marxisme. Des milliers de nourrissons sont enlevés aux familles d'opposants politiques, parfois déclarés morts, puis confiés à des familles proches du régime ou à l'institution religieuse. Au départ idéologique, le vol de bébé devient un commerce lucratif. Le trafic a duré, au moins, jusqu'en 1987. Le scandale est connu depuis 1982, mais aucune des 2 000 plaintes déposées n'a pour l'instant abouti. Pour beaucoup, ce procès arrive trop tard. Pour certains, c'est l'ultime espoir de retrouver leur proche disparu.

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Des manifestants réclament la vérité au sujet des \"bébés volés\" dans les années 50, à Tel Aviv (Israël), le 25 septembre 2017.
Des manifestants réclament la vérité au sujet des "bébés volés" dans les années 50, à Tel Aviv (Israël), le 25 septembre 2017. (GALI TIBBON / AFP)