Centenaire du Chemin des Dames : François Hollande met en garde contre le détricotage de l'Europe

Le président de la République a appelé dimanche, lors de la commémoration du centenaire de cette bataille sanglante de la première guerre mondiale, à "défendre" "l'Europe unie". 

Le président de la République, François Hollande, lors de la commémoration du centenaire de la bataille du Chemin des Dames, le 16 avril 2017, au cimetière de Cerny-en-Laonnois (Aisne). 
Le président de la République, François Hollande, lors de la commémoration du centenaire de la bataille du Chemin des Dames, le 16 avril 2017, au cimetière de Cerny-en-Laonnois (Aisne).  (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

"Aujourd'hui que l'Europe a su nous prémunir de la guerre et des conflits, préservons-là plutôt que d'en faire le bouc émissaire de nos renoncements." En pleine campagne présidentielle, François Hollande a appelé à préserver "l'Europe unie", en venant commémorer, dimanche 16 avril, le centenaire de ce qu'il a appelé "l'enfer" de la bataille du Chemin des Dames, un épisode de la première guerre mondiale qui fut longtemps occulté de la mémoire collective.

Alors que plusieurs candidats à l'élection présidentielle évoquent une sortie de l'Union européenne, il s'est lancé dans un plaidoyer pour cette Union. "L'histoire bégaie quand le nationalisme ressurgit avec d'autres traits", a-t-il déclaré, incitant à "défendre" "l'Europe unie" et à "repenser aux institutions et aux actes qui ont garanti la paix depuis soixante-dix ans", notamment "le couple franco-allemand qu'il nous faut encore rapprocher et chérir".

Réconcilier "toutes les mémoires"

Aux côtés de l'ambassadeur d'Allemagne, Nikolaus Meyer-Landrut, le chef de l'Etat, dont un grand-père servit comme sergent dans l'infanterie dans l'offensive du Chemin des Dames, s'est recueilli sous un soleil voilé au cimetière allemand qui rassemble les restes de plus de 7 500 soldats, après avoir remonté seul l'allée centrale de la nécropole nationale, où reposent 5 150 soldats français.

Grave et ponctuée de moments forts, la cérémonie officielle – la dernière grande commémoration du quinquennat – a été rythmée par des chants et des lettres de soldats, français, mais aussi allemands, lus par des jeunes et l'acteur André Dussollier. "Il y a un siècle, le Chemin des Dames fut un enfer, un parcours d'effroi et de souffrances", c'est "aujourd'hui un symbole de paix et de rassemblement", a souligné encore François Hollande, appelant à "la réconciliation de toutes les mémoires".