Logiciel espion "Blackshades" : 29 personnes arrêtées en France

Après des mois d’enquête et une coordination internationale entre les onze pays concernés, un coup de filet a été mené auprès de personnes utilisant le logiciel espion "Blackshades". Après l’interpellation des deux concepteurs du logiciel aux Etats-Unis, 29 personnes ont été placées en garde à vue en France, dont une majorité d’adolescents.

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Il porte le nom inquiétant de "Blackshades", l’ombre noire. Ce programme permet de piloter à distance un ordinateur, en déclencher la webcam, mais aussi, plus ennuyeux, donner accès à des données personnelles comme des codes bancaires ou des mots de passe. Conçu aux Etats-Unis, il a été diffusé et mis en vente à grande échelle il y a environ trois ans sur des forums clandestins, surtout en Inde, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Pour arrêter les pirates informatiques en possession de ce logiciel, les cyberpolices du monde entier se sont mobilisées, FBI en tête. Les deux concepteurs du logiciel ont été interpellés aux Etats-Unis et le FBI a transmis aux dix autres pays concernés – dont la France - une liste de leurs ressortissants ayant acquis ou utilisé ce logiciel.

Facile d'utilisation, diffusé largement, le logiciel a pu être vendu à des dizaines de personnes, qui ont à leur tour infesté des ordinateurs, majoritairement sous Windows :

 

 

 

Surtout des adolescents arrêtés

Après quelques mois d’investigation, les cyberpolices se sont mis d’accord pour agir le même jour : le 13 mai, des dizaines de hackers présumés d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Australie et d’Asie ont été interpellés. Rien qu’en France, plus de 50 personnes ont vu la police débarquer chez elles et saisir leurs ordinateurs. 29 d’entre elles ont été placées en garde à vue. Aujourd’hui, toutes ont été libérées dans l’attente des suites judicaires, notamment pour inspecter les données des ordinateurs saisis.

Ce coup de filet a ciblé une majorité d’adolescents, comme le révèlent les rapports des gardes à vue. La majorité a reconnu utiliser le logiciel, mais seulement pour activer des webcams à distance, pirater des comptes Facebook ou entrer illégalement sur des plate-formes de jeux vidéo en ligne. Les gros moyens mis en place étaient surtout une démonstration de force, pour faire savoir aux jeunes utilisateurs qu'ils sont sous surveillance. La direction centrale de la police judiaciaire est d'ailleurs en train de se doter d'une sous-direction spécialisée dédiée à la lutte contre la fraude informatique.