En Russie, le cloud "maison" sinon rien pour les géants du web

Selon une nouvelle loi russe qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain, les sociétés informatiques n'auront plus le droit de stocker les données de leurs utilisateurs hors du pays. Exit donc les appareils d'Apple utilisant iCloud - comme les iPhone et les iPad -, mais aussi Google, Facebook, Twitter... Des discussions serrées devraient s'engager.

(Le Premier ministre russe Dmitry Medvedev va devoir renoncer (provisoirement ?) à son iPhone © REUTERS/Ria Novosti)

Apple, Microsoft, Google, Twitter, Facebook... Ces noms de compagnies américaines sont (aussi) très connus en Russie. D'ici quelques semaines - à partir du 1er janvier 2015 -, toutes ces firmes pourraient pourtant devoir faire une croix sur le marché russe... Ou en tout cas une grande partie d'entre elles.

Explication. La Douma, le Parlement russe, vient de voter une loi très simple : l'interdiction de stocker les données d'utilisateurs russes hors des frontières du pays. Et comme ces fameuses données se situent le plus souvent aux États-Unis, exit les réseaux sociaux et, plus symboliquement, les iPhone et iPad dont toutes les données sont envoyées sur iCloud, le "nuage" d'Apple. Une bien mauvaise nouvelle pour la firme de Cupertino, qui voit ses ventes d'iPhone progresser chaque année en Russie. En 2013, selon différentes chaînes de magasins, Apple pesait près de 10 % des ventes de smartphones dans ce pays immense.

La surveillance des données en question

Pour contourner l'interdit, la solution paraît donc simple pour Apple, Twitter, Facebook & co : déménager ses fermes de données, en tout cas une partie d'entre elles, en Russie. Tout est histoire de discussion et de compromis avec les autorités russes. Pour l'instant, aucune réaction n'est venue, les tractations ayant très bien pu avoir commencé en coulisses.

Cependant, en déménageant les données d'utilisateurs au pays de Vladimir Poutine, ces compagnies américaines sont conscientes qu'elles seront plus exposées à la surveillance du pouvoir et de ses agences. Ironie de l'histoire, c'est justement la révélation du programme d'espionnage Prism mené par la NSA aux États-Unis qui pousse aujourd'hui le pouvoir russe à prendre ce genre de décision. Ceci alors qu'Apple et Google, entre autres, ont récemment annoncé un renforcement de la sécurité sur leurs appareils, pour protéger la vie privée de leurs utilisateurs. Le bras de fer commence.