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Affaire Prism : le journaliste du Guardian dénonce une "intimidation"

Le compagnon du journaliste qui a collaboré avec Edward Snowden a été arrêté dimanche à Londres. Depuis, de vives critiques s'élèvent contre les autorités. Glenn Greewald, journaliste du Guardian, dénonce une "intimidation" que la Grande-Bretagne va "regretter". Lundi également le Guardian a révélé avoir fait l'objet de pressions de la part du gouvernement britannique.
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Radio France
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  (Ricardo Moraes Reuters)

Une détention vue comme une "intimidation " par Glenn Greenwald, le journaliste du Guardian qui a travaillé avec Edward Snowden pour la publication de documents secrets sur le système de surveillance américain Prism. Ce n'est pas lui qui a été arrêté dimanche à l'aéroport international de Heathrow à Londres, mais son compagnon, David Miranda. Celui-ci a été retenu pendant neuf heures, le maximum prévu par la loi, et s'est vu confisqué ses équipements électroniques.

Le jeune homme de 28 ans, de nationalité brésilienne, a été détenu alors qu'il était en transit en provenance de Berlin et en partance pour le Brésil, où il réside avec son ami. Selon la police, il a été arrêté en vertu de l'article 7 de la loi anti-terroriste, qui permet à la police d'interroger préventivement toute personne soupçonnée de préparer des actes terroristes en Grande-Bretagne. 

"Cela aura seulement l'effet inverse : nous encourager à aller plus loin" (Glenn Greenwald)

Interrogé par le Guardian, Glenn Greenwald a indiqué que les autorités britanniques avaient selon lui "zéro soupçon " sur une implication éventuelle de son compagnon dans des actes terroristes, mais qu'il s'agissait "évidemment " d'"intimider  ceux qui travaillent d'un point de vue journalistique sur la NSA et son équivalent britannique, le  GCHQ ".

"Si les gouvernements américain et britannique  pensent que cette stratégie va nous dissuader de continuer à couvrir de façon agressive ce que ces documents révèlent, ils se trompent. Cela aura seulement  l'effet inverse : nous encourager à aller plus loin ", a-t-il indiqué, alors que début août il révélait détenir 15 à 20.000 documents secrets.

"Je vais être bien plus agressif dans mes déclarations à  partir de maintenant. Je vais publier beaucoup plus de documents. Je vais aussi publier des documents sur la Grande-Bretagne. J'ai de nombreux documents sur le système d'espionnage britannique. Je pense qu'ils vont regretter ce  qu'ils ont fait ", a-t-il également déclaré aux journalistes à l'aéroport de Rio.

Le Guardian accuse Londres de pressions

Depuis cette arrestation, les protestations se multiplient. Le Brésil a jugé cette rétention "injustifiable ". Le président de la commission parlementaire britannique de l'Intérieur, Keith Vaz, a indiqué qu'il allait exiger des "explications " de la police. L'organisation WikiLeaks a dénoncé un "abus ". "Assimiler journalisme et terrorisme est une pratique bien connue  des Etats répressifs à travers le monde. En s'y livrant à leur tour, les  autorités britanniques franchissent une ligne rouge ", a aussi estimé Reporters sans frontières.

Enfin, et suite semble-t-il à cette arrestation, le Guardian a révélé lundi que le gouvernement britannique avait exercé des pressions sur le journal il y a un mois, le menaçant de poursuites judiciaires si il n'acceptait pas de détruire ou de restituer la copie des documents piratés qu'Edward Snowden avait remis à son journaliste Glenn Greenwald.

 

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