Pour Thomas Pesquet, la réussite des projets de SpaceX est une question d'argent

En marge d'une conférence à Tokyo (Japon), l'astronaute s'est confié à l'AFP.

L\'astronaute français Thomas Pesquet et son homologue japonais Soichi Noguchi, le 19 septembre 2018 à Tokyo (Japon).
L'astronaute français Thomas Pesquet et son homologue japonais Soichi Noguchi, le 19 septembre 2018 à Tokyo (Japon). (MARTIN BUREAU / AFP)

Ce n'est pas impossible, mais… L'astronaute français Thomas Pesquet juge que le respect du délai de cinq ans que se donne SpaceX pour envoyer des "touristes" autour de la Lune dépendra des sommes investies. "Techniquement, c'est une question de moyens, car on obtient en général les résultats correspondant aux moyens que l'on se donne. On a réussi à aller sur la Lune dans les années 1960-70 parce que cela représentait une partie importante du budget des Etats-Unis, maintenant ce n'est plus du tout le cas pour un programme spatial", a-t-il déclaré mercredi 19 septembre à l'AFP, en marge d'une conférence à Tokyo.

Loin de regarder SpaceX de haut, le spationaute se réjouit au contraire de l'enthousiasme d'Elon Musk, PDG de l'entreprise américaine, qui a annoncé cette semaine l'identité du premier touriste "lunaire", pour un voyage prévu aux environs de 2023. "Je trouve très bien qu'il y ait des volontés privées pour aller dans l'espace, on ne dit pas : 'nous on est des vrais astronautes, des vrais professionnels, eux non', il n'y a pas du tout ce genre de clivage, a assuré Thomas Pesquet. 

Sur le plan humain, les conditions aussi sont draconiennes. "Il faut être en forme pour aller dans l'espace, les agences sélectionnent les gens sur des critères médicaux. Les particuliers qui ont de quoi se payer un séjour dans l'espace avec des compagnies privées ne sont pas forcément jeunes et en très bonne santé", souligne l'astronaute.