Blob, footing spatial, réalité virtuelle... Ces expériences qui attendent Thomas Pesquet dans l'espace

Parmi la centaine d'expériences que l'astronaute Thomas Pesquet réalisera dans la Station spatiale internationale, certaines ont été préparées à Toulouse.

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Radio France
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Thomas Pesquet (à droite) et l'astronaute de l'Agence japonaise d'exploration aérospatiale Akihiko Hoshide, sur la rampe de lancement avant la mission Crew-2, le 23 avril 2021, au Centre spatial Kennedy de la NASA en Floride. (AFP)

Thomas Pesquet décolle vendredi à bord de la capsule Space X depuis Cap Canaveral en Floride pour rejoindre la Station spatiale internationale. Parmi la centaine d'expériences qu'il réalisera durant sa mission, qui durera jusque septembre prochain, certaines sont conçues par le Centre d'aide au développement des activités en micro-pesanteur et des opérations spatiales (Cadmos), à Toulouse.

>> DIRECT. Décollage vers l'ISS : Thomas Pesquet et ses trois coéquipiers ont pris place dans la capsule

Les chercheurs du centre ont conçu une douzaine d'expériences scientifiques, qui vont du vieillissement du cerveau dans l'espace, en passant par le pilotage d'un robot spatial à travers un casque de réalité virtuelle, sans oublier de faire du footing dans l'ISS, comme si Thomas Pesquet se promenait dans les rues. "Thomas fera effectivement son exercice de vélo avec son casque de réalité virtuelle, explique ainsi Cécile Thévenot, ingénieure au Cadmos. On a choisi trois scènes : une balade dans Paris, une balade dans Saint-Pétersbourg, une balade près de Marseille, pour lui permettre de sortir un petit peu de cette station. Parce que sinon, quand il fera du vélo, c'est à dire quasiment tous les jours, il ne verra que le mur d'en face..." 

Seize levers et couchers de soleil par jour

Le projet Dreams, lui, étudiera de son côté le sommeil et les rêves à bord de la station. "Nous allons pouvoir monitorer son sommeil dont on sait qu'il est perturbé dans l'espace parce qu'il n'a pas à avoir l'alternance jour et nuit sur 24 heures, indique Michelle Debs, neurologue au CHU de Toulouse et responsable de cette expérience. Il va voir le soleil se lever et se coucher seize fois par jour : ce n'est pas du tout le rythme normal pour l'organisme. Le sommeil est donc perturbé pour les astronautes."

"On a un sommeil qui est de durée plus courte, qui est plus fragmenté et le sommeil de rêve, le fameux sommeil paradoxal, est également en proportion moins importante que sur Terre."

Michèle Debs, neurologue au CHU de Toulouse, responsable de l'expérience Dreams

à franceinfo

Parmi les autres défis, notons ces trousses de transport d'instruments rendues recyclables et même... comestibles : les parois du sac se mangent. "Thomas nous a proposé de faire quelque chose de toutes ces mousses que l'on jette, par exemple éventuellement les manger", détaille Alain Maillet, responsable de l'étude Ecopack. Aussi emportera-t-il avec lui ces fameuses mousses, notamment au goût pain de Gênes et pain d'épices.

À bord de l'ISS, Thomas Pesquet emmènera par ailleurs un blob, cet organisme unicellulaire qui ne pense qu'à manger. "Il y a deux types d'expériences, indique Audrey Dussutour, directrice de recherche au CNRS. Dans la première, le blob est tout seul et doit explorer un environnement qui est vierge, à la recherche de nourriture. Là, on va regarder les effets de la station sur son comportement de navigation dans l'espace." "Dans la deuxième expérience, le blob sera face à quatre flocons d'avoine avec lesquels il doit se connecter. Et on sait que le blob est hyper fort pour optimiser ses trajets : on va regarder s'il est aussi fort dans l'ISS." Thomas Pesquet, envoyé spécial de l'Agence européenne, n'aura vraiment pas le temps de chômer.

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