Mars : une enquête explique les raisons du crash de l'atterrisseur européen

L'accident serait dû à un logiciel de bord trompé par "des informations contradictoires".

Le module d\'atterrissage Schiaparelli s\'est écrasé sur Mars le 19 octobre 2016.
Le module d'atterrissage Schiaparelli s'est écrasé sur Mars le 19 octobre 2016. (ESA / D.DUCROS / AFP)

Un logiciel de bord a été trompé "par des informations contradictoires" juste avant l'atterrissage sur Mars. Les raisons du crash du module européen Schiaparelli le 19 octobre ont été établies par une enquête diligentée par l'Agence spatiale européenne (ESA), mise en ligne mercredi 24 mai. L'aventure du démonstrateur d'atterrissage, qui venait d'effectuer un voyage de sept mois vers Mars avec une sonde européano-russe, s'était terminée brutalement par une chute libre de 3,7 km. L'impact au sol s'est produit à la vitesse de 540 km/h.

Menée par des experts indépendants sous la présidence de l'inspecteur général de l'ESA, l'enquête corrobore les premières hypothèses avancées en interne par l'agence dès novembre. Elle formule une série de recommandations pour éviter que de tels "défauts et faiblesses" ne se reproduisent.

Une mission complexe prévue en 2020

L'ESA et la Russie préparent en effet une mission conjointe, ambitieuse et délicate, qui prévoit d'envoyer sur Mars en 2020 un robot mobile chargé de forer le sol pour tenter de trouver des traces de vie passée. "Il y a clairement un certain nombre de domaines qui auraient dû recevoir davantage d'attention dans la préparation, la validation et la vérification du système d'entrée, de descente et d'atterrissage", estime David Parker, directeur des vols habités et de l'exploration robotique à l'ESA.

"Nous allons tenir compte des leçons" de cet épisode pour la préparation de la mission ExoMars 2020, dit-il. Jusqu'à présent, seuls les Américains sont parvenus à poser sur Mars des engins qui ont réussi à fonctionner. Le rapport d'enquête souligne que le module test Schiaparelli "était très proche d'atterrir avec succès sur Mars à l'endroit prévu". Il formule seize recommandations sur le plan de l'ingénierie, des tests mais aussi de l'organisation en vue d'ExoMars 2020, mission complexe.