60 ans après son exploit dans l'espace, Youri Gagarine "est admiré dans le monde entier", selon un spécialiste

Le 12 avril 1961, Youri Gagarine devenait le premier homme à aller dans l'espace, placé en orbite autour de la Terre. 60 ans après, le Soviétique "est admiré dans le monde entier", assure Olivier Sanguy, journaliste à la Cité de l’espace de Toulouse.

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Un touriste prend une photo d'une mosaïque représentant Youri Gagarine, premier homme placé en orbite autour de la Terre. (NATALIA KOLESNIKOVA / AFP)

60 ans après le premier vol d'un homme dans l'espace, Youri Gagarine "est admiré dans le monde entier", a assuré lundi sur franceinfo Olivier Sanguy, rédacteur en chef de l’actualité spatiale à la Cité de l’espace de Toulouse. Il y a 60 ans, le 12 avril 1961, le Soviétique Youri Gagarine décollait pour l'espace à bord de la fusée Vostok 1. Il devenait ainsi le premier homme placé en orbite autour de la Terre. L'enjeu de ce vol était avant tout, pour l'URSS, "idéologique", rappelle également Olivier Sanguy.

franceinfo : À l'époque de la guerre froide et de la rivalité Est-Ouest, est-ce que le premier voyage dans l’espace avec Youri Gagarine a stimulé la recherche spatiale aux États-Unis ? Y aurait-il eu Neil Armstrong sans Youri Gagarine ?

Olivier Sanguy : On peut en effet se poser la question. Le vol réussi de Youri Gagarine était peut-être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase côté américain. Les Soviétiques avaient beaucoup d'avance dans le domaine spatial à l'époque : premier satellite, premier être vivant dans l'espace, la chienne Laïka qui malheureusement ne s'en est pas sorti. Il faut comprendre qu'il y avait une opposition idéologique. Et on se disait, si les Soviétiques arrivent à faire un tel progrès dans l'espace, c'est peut-être que leur système, politique, économique, est meilleur. L'enjeu était idéologique. Et le lanceur qui a mis Gagarine autour de la Terre était le même type de technologie qui permettait d'envoyer une bombe atomique sur Washington. Le lanceur avait une fiabilité de 50. C’est-à-dire qu'une fois sur deux, cela se passait mal. Mais ils ont tout fait pour que ça fonctionne, parce qu'il y avait un enjeu énorme. Les politiciens n'étaient pas si emballés à l'idée d'un vol habité. Ce qu'ils voulaient, c'étaient des missiles. Mais face à l'efficacité propagandiste du spatial, l'Union soviétique s'est dit, là, on tient quelque chose pour montrer qu'on est les meilleurs.

Comment est-ce que Youri Gagarine se retrouve cosmonaute ?

Il se retrouve cosmonaute à la suite d'une sélection de pilotes. Comme tous les pilotes soviétiques à l'époque, il était très bon en parachutisme. Pourquoi ? Parce que le vaisseau Vostok avait une particularité : on ne se posait pas à bord du vaisseau, on était éjectés à sept kilomètres d'altitude et on finissait sous parachute. Il a failli faire un vol avec le Soyouz 1. Il était doublure de Vladimir Komarov qui est mort dans ce vol-là. Le Soyouz s'est écrasé. Les Soviétiques ont dit, 'si Komarov avait été malade ce jour-là, Gagarine le remplaçait et on perdait le premier cosmonaute'. Du coup, il s'est retrouvé interdit de vol. En fait, il est mort à force d'insister. Il a dit 'moi je veux voler'. On lui a dit 'd'accord, monsieur Gagarine, vous reprenez vos classes, vous refaites de l'entraînement'. Ironie de l'histoire, il est mort en 1968, lors d'un de ces entraînements imposés.

Est-ce que Youri Gagarine a la même aura dans le reste de la communauté spatiale que le culte qu'il peut avoir encore en Russie ?

C'est vrai qu'il y a un culte, avec des petits bémols. Il y a notamment un cosmonaute soviétique russe aujourd'hui, Evgueni Krounov, qui dit qu'il faut oublier le sourire de Youri Gagarine. Il ne faut pas oublier que c'était quelqu'un d'extraordinairement concentré, de très exigeant envers lui-même et envers les autres. Donc, n'oublions pas les qualités de l'homme. Il y avait les qualités de la personne elle-même. Il est admiré dans le monde entier. Le Centre européen des astronautes à Cologne, en Allemagne, là où les astronautes de l'Agence spatiale européenne, s'entraînent, dont Thomas Pesquet. À l'entrée, vous avez un buste en bronze de Youri Gagarine.

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