Extinction des dinosaures : une nouvelle étude renforce la thèse de la collision d'un astéroïde avec la Terre

Publiée dans la revue Science, cette étude estime que la théorie des éruptions volcaniques ne colle pas.

Un modèle de tyrannosaure lors d\'une exposition en Allemagne, le 2 juillet 2019.
Un modèle de tyrannosaure lors d'une exposition en Allemagne, le 2 juillet 2019. (CHRISTOPHE GATEAU / DPA / AFP)

Le mystère de la fin du règne des dinosaures serait-il (enfin) levé ? Soixante-six millions d'années après leur disparition, une étude publiée dans Science (en anglais) jeudi 16 janvier, et citée par le HuffPost, pense détenir la réponse à cette question qui agite le milieu scientifique depuis des lustres. Selon la trentaine de chercheurs qui signent l'étude, c'est un astéroïde qui aurait conduit à un changement brutal du climat, qui a ensuite entraîné la fin des dinosaures.

Depuis quarante ans, deux théories s'affrontent. D'un côté, la collision d'un astéroïde de 10 km de diamètre avec la Terre, au Mexique, formant le gigantesque cratère de Chicxulub, de l'autre, des éruptions volcaniques géantes, en Inde, créant des coulées de lave monumentales de plus de deux km d'épaisseur, les "trapps du Deccan". La théorie volcanique avait notamment été renforcée par un article déjà publié dans Science (en anglais), en février 2019, quand la piste de l'astéroïde était soutenue dans une autre revue, deux mois plus tard.

Des mesures de gaz carboniques 

Pour leur démonstration, les chercheurs de cette dernière étude ont réalisé des relevés, notamment dans des sédiments marins, pour connaître au mieux l'évolution de la température mondiale et mesurer le niveau de gaz carbonique, qui réchauffe l'atmosphère, juste avant et après l'extinction des dinosaures, il y a 66 millions d'années.

En comparant leurs relevés avec ceux des études précédentes, dont celles qui mettent en avant le rôle des éruptions volcaniques dans la disparition des tyrannosaures et leurs congénères, ils ont conclu que seuls deux scénarios pouvaient coller : "Soit la majorité des éruptions (87%) ont eu lieu avant la grande extinction, soit la moitié a eu lieu avant et l'autre après. Ce dernier scénario (50/50) est le plus probable", résume le HuffPost.

Des températures qui ne collent pas

Selon les auteurs de l'étude, il est peu plausible que ces éruptions soient la cause principale de l'extinction des dinosaures. Selon eux, elles ont bien entraîné un réchauffement climatique d'environ 2 °C mais 400 000 ans avant l'impact de l'astéroïde. Au moment de celui-ci, la température était revenue à son niveau normal. Autre détail, les auteurs rappellent que de nombreux changements dans les écosystèmes ont été remarqués, après la collision entre l'astéroïde et notre planète.

L'étude conclut que "l'impact et l'extinction [des dinosaures] ont créé l'opportunité initiale pour l'avènement des espèces du Cénozoïque", l'ère actuelle, qui a succédé à celle des dinosaures. Les éruptions volcaniques ont toutefois pu "contribuer à façonner les espèces dans le contrecoup de l'extinction".