Un astéroïde va "frôler" la Terre cette nuit : "Aucun risque de collision", selon un spécialiste

L'astéroïde va passer à 6,7 millions de kilomètres de la Terre, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Deux astéroïdes en orbitre l\'un autour de l\'autre. 
Deux astéroïdes en orbitre l'un autour de l'autre.  (RON MILLER)

Un astéroïde de la taille de trois terrains de football va passer près de la Terre dans la nuit de jeudi à vendredi. Une distance qu'il faut relativiser car l'astéroïde passera à "plus de six millions de kilomètres de la Terre", explique Philippe Henarejos, le rédacteur en chef du magazine Ciel & Espace, ce jeudi 27 juin au micro de france info.

La distance qui sépare la Terre de cet objet céleste équivaut donc à presque 17 fois la distance qui sépare notre planète de la Lune. Il n'y a donc "aucun risque de collision avec la Terre" pour cette fois, a également assuré Philippe Henarejos. Mais l'astéroïde 2008 KV2, découvert en 2008, a tout de même été classé dans la catégorie des astéroïdes potentiellement dangereux par la NASA.

franceinfo : Que signifie cette catégorie d'astéroïde potentiellement dangereux ?

Philippe Henarejos : Cela signifie qu'il passe près, mais à l'échelle du système solaire. Les astronomes comptent en unité astronomique. Une unité astronomique correspond à la distance qui sépare la Terre du Soleil, c'est-à-dire 150 millions de kilomètres. Cette nuit, l'astéroïde passera à 0,045 unité astronomique de notre planète, soit à plus de six millions de kilomètres. Cela équivaut à peu près 17 fois la distance qu'il y a entre la Terre et la Lune. Ainsi, cette caractéristique le classe dans la catégorie des corps célestes qui viennent "frôler" la Terre, mais il n'y a aucun risque de collision avec la planète bleue, pour cette fois. Par contre, c'est un astéroïde qui passe fréquemment proche de la Terre. Il a une orbite qu'il boucle en moins d'un an, il reviendra donc l'an prochain et l'année d'après mais pas forcément à une distance plus proche de la Terre. À terme il faut donc le surveiller parce qu'il pourrait, un jour, entrer en collision. J'ajoute qu'on entend peut-être beaucoup parler de cet astéroïde parce qu'il va frôler la Terre le jour anniversaire d'une collision qui a eu lieu le 30 juin 1908 au-dessus de la Sibérie. C'est ce qu'on appelle la catastrophe de Toungouska.

Le risque qu'un astéroïde s'écrase sur Terre est infime mais il n'est pas nul. Les prévisions des astronomes sont-elles fiables ?

Les astronomes mesurent les trajectoires et les orbites qui sont fréquemment déviées par l'attraction de plein d'autres corps célestes, d'autres astéroïdes ou des planètes qui tournent autour du Soleil. Donc même si nous connaissons la trajectoire, il est impossible de la projeter à l'infini, dans le futur. Au bout d'un moment les prédictions vont diverger d'avec la réalité. C'est pour cela que cette observation doit être faite en permanence et qu'il faut réévaluer constamment les probabilités qu'une collision avec la Terre puisse se produire. De tous les astéroïdes connus, en l'état, il n'y a pas de crainte à avoir.

Avons-nous aujourd'hui les moyens d'éviter un tel danger ?

C'est un sujet de réflexion, en particulier à l'Agence spatiale européenne où il y a des missions spatiales qui sont prévues pour s'approcher de ces astéroïdes et faire des expériences. Pour le moment, ce ne sont que des expériences de science, c'est-à-dire qu'on observe d'abord pour ensuite tirer des conclusions sur les possibilités technologiques futures, éventuelles, qui permettraient de dévier ou de détruire les astéroïdes qui pourraient un jour nous menacer. Pour l'instant, la seule chose que l'on peut faire, c'est observer et prévoir. Nous n'avons pas les moyens de faire une quelconque action pour dévier un objet dont on serait sûr qu'il viendrait directement sur la Terre. Mais l'observation est très importante parce que plus on en fait, plus on saura en amont si le risque est important. Et si le risque est connu dix ou vingt ans à l'avance, cela laisse le temps de prévoir une mission pour agir.