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Pourquoi la nuit du Nouvel an durera une seconde de plus

Pour la 27e fois, une seconde "intercalaire" servira à raccorder le temps "astronomique" au temps légal. Une pratique qui pourrait bien disparaître (mais pas tout de suite).

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France Télévisions
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Une seconde intercalaire se glissera entre 00h59 et 1h00 le 1er janvier 2017. (MAXPPP)

Il y aura une seconde de plus, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Mais cette curiosité ne devrait pas retarder, en France, les échanges de vœux et de bisous. Elle est liée à la rotation irrégulière de la Terre autour du Soleil, beaucoup moins disciplinée que les horloges atomiques, sur lesquelles nos montres sont réglées. Franceinfo vous explique pourquoi cette seconde vient se glisser dans cette nuit de fête.

Qu'est-ce que c'est que cette seconde de plus ?

Dans le monde entier, dans la nuit du 31 décembre 2016 au 1er janvier 2017, la minute entre 23h59 et 00h00 durera une seconde de plus que la normale, en temps universel coordonné (UTC, souvent appelé GMT). En France, cette seconde intercalaire se glissera entre 00h59 et 1h00 le 1er janvier.

Concrètement, voilà où cette seconde va se caler, le 1er janvier :

• 00h59m59s

• 00h59m60s (seconde intercalaire)

• 1h00m00s

Sur le très long terme, la Terre a tendance à ralentir, notamment en raison de l'attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil, responsable des marées. Les horloges atomiques actuelles sont en revanche d'une exactitude telle qu'elles n'enregistreraient qu'une seconde de dérive tous les 300 millions d'années. Mais elles fonctionnent avec des secondes "trop courtes", explique à France 3 Paris Christian Bizouard, astronome et directeur de recherche à l'Observatoire de Paris.

Par cette seconde additionnelle, le Centre de la rotation de la terre du Service international de la rotation terrestre et des systèmes de référence entend donc réconcilier le Temps universel (TU), basé sur la rotation de la Terre et sa position par rapport aux astres, et celle du Temps atomique international (TAI), défini depuis 1971 à partir des horloges atomiques du monde entier (il y en a environ 400). 

Mais, qui va vraiment s'en rendre compte ?

C'est sûr, vous ne risquez pas de sentir la différence. Mais si vous voulez vraiment être pointilleux et régler votre montre à la seconde près, rendez-vous sur le site time.is, qui indique l'heure précise, ou appelez l'horloge parlante au 36 99.

En revanche, les systèmes de navigation par satellites, les réseaux de télécommunications et les marchés financiers y sont sensibles. L'ajout d'une seconde intercalaire le 30 juin 2012 avait provoqué un problème de synchronisation sur le web, notamment pour des serveurs et des sites marchands (voici tout ce qui se passe sur internet en une seconde). Google, qui a déjà rencontré des soucis par le passé à cause de cette seconde additionnelle, a pris des dispositions pour que cela ne se reproduise plus, depuis 2015.

Le monde de l'espace aussi est attentif : il n'y a jamais de lancement de fusées ces jours-là (qui tombent forcément le 30 juin ou le 31 décembre).

Est-ce vraiment indispensable ?

Depuis 1972, 26 secondes ont été ajoutées. Celle-ci sera la 27e. Faut-il supprimer la seconde intercalaire ? C'est une question qui divise jusqu'aux pays membres de l'ONU. A l'issue de la conférence mondiale des radiocommunications organisée par l'Union internationale des télécommunications (UIT), une agence spécialisée de l'ONU, en 2015, le débat a été repoussé… à 2023. Cette question fait pourtant l'objet de discussions depuis de nombreuses années.

L'exercice de la seconde intercalaire n'est en effet pas du goût de tout le monde et certains pays (Etats-Unis, France...) souhaiteraient le supprimer, le jugeant inutilement compliqué, pour ne plus se fier qu'aux horloges atomiques. Ces pays soulignent qu'elle devient plus difficile à gérer maintenant que de nombreux équipements ont des horloges internes.

D'autres, comme le Royaume-Uni, plaident pour son maintien et jugent que le système actuel est un bon compromis. Si la seconde intercalaire était supprimée, le temps UTC serait alors découplé de la rotation de la Terre. Pour Daniel Gambis, directeur du Service de la rotation de la Terre, supprimer la seconde intercalaire reviendrait "à s'abstraire du temps naturel".

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