Mission Artemis : "La Lune, c'est le Graal", confie Thomas Pesquet, candidat à un futur voyage lunaire

Pour cette première étape de la nouvelle mission de la Nasa, le vol vers la Lune sera inhabité. L'astronaute français est en lice pour participer à un prochain voyage, dans quelques années.

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Radio France
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Visite de Thomas Pesquet à la Cité de l'espace, en juin 2022. (REMY GABALDA/MAXPPP)

Cinquante ans après le dernier vol d'Apollo, les scientifiques de la Nasa ont à nouveau les yeux rivés vers la Lune. L'heure est venue pour Artemis, fusée la plus puissante du monde, de faire son baptême de l'air lundi 29 août, depuis Cap Canaveral, en Floride. Un voyage test de 42 jours, sans équipage, mais que les scientifiques américains préparent depuis plus d'une décennie. Avec l'espoir, d'ici quelques années, de fouler à nouveau la surface de la Lune. Parmi les candidats potentiels à un tel voyage : l'astronaute français Thomas Pesquet, qui ne cache pas sa fascination pour la Lune.

>> Espace : l'article à lire pour tout savoir de la mission Artemis, qui vise le retour de l'être humain sur la Lune

franceinfo : Pourquoi la Lune est si spéciale lorsque l'on est astronaute ?

Thomas Pesquet : C'est la destination la plus lointaine. Il faut quand même bien se rappeler que la station internationale est à 400 kilomètres d'altitude. La Lune est à 384 000 kilomètres, c'est presque mille fois plus loin. Tout est mille fois plus compliqué, ce n'est vraiment pas quelque chose d'aisé de s'y rendre. C'est pour ça que nous avons mis un moment avant d'être en configuration pour y retourner. C'est un peu le Graal. Et demain, ce sera mars.

C'est Donald Trump qui a relancé ce programme spatial, au moment où la Chine s'est elle aussi lancée dans la conquête de la Lune... Est-ce une simple course-poursuite entre pays ?

Non, il y a évidemment un intérêt scientifique. Si nous pouvions aller vers Mars directement, je pense que nous le ferions. Parce que nous le savons et nous ne nous en cachons pas : l'intérêt scientifique est plus grand sur Mars. C'est une planète similaire à la Terre, grâce à laquelle nous pouvons lire des questions qui nous concernent : d'où vient la vie ? Est-ce qu'elle pourrait disparaître ? Est-ce que nous pouvons perdre notre atmosphère ? Tout ça, nous pouvons le savoir sur Mars mais nous ne sommes actuellement pas en position pour y aller. De la même manière que, avant de se lancer dans la traversée de l'Atlantique, nous nous lançons d'abord dans la traversée de la Manche, nous devons répéter nos gammes sur la Lune.

"Évidemment, il y a des choses scientifiques à faire sur la Lune et il y aura un retour scientifique. Mais c'est aussi une grande répétition, avant d'aller vers Mars."

Thomas Pesquet, astronaute

à franceinfo

Êtes-vous candidat pour monter dans la prochaine fusée ?

À partir d'Artemis III, l'Europe aura voix au chapitre grâce à notre contribution sur la capsule Orion. Nous aurons alors des vols pour des astronautes européens. Clairement, mes collègues et moi allons regarder ça avec beaucoup d'attention. On va s'imaginer dans cette capsule, mettant les voiles vers les contrées les plus lointaines vers lesquelles l'humanité ne s'est jamais aventurée. Nous avons derrière nous deux missions qui se sont bien passées, qui ont coché toutes les cases. Je ne suis pas le seul, nous sommes quelques-uns à candidater pour des missions vers la Lune. Ce qui est bien, c'est qu'il y aura plusieurs missions, avec un programme sur le long terme qui cherchera à utiliser les ressources sur la Lune. Cela veut dire qu'il y aura plusieurs astronautes européens qui fouleront le sol lunaire dans les prochaines dizaines d'années.

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