Avant de l’envoyer sur Mars, la Nasa teste un petit robot sur un champ de lave en Islande

L'agence spatiale américaine s'est entraînée sur l'île volcanique, avant d’envoyer un nouveau robot sur Mars en 2020. Dans ce champ de lave islandais, le terrain est comparable à celui de la planète rouge, expliquent les scientifiques.

Des ingénieurs et des scientifiques ont testé le 19 juillet 2019 le nouveau robot de la Nasa, dans un champ de lave en Islande, avant une nouvelle mission sur Mars en 2020. 
Des ingénieurs et des scientifiques ont testé le 19 juillet 2019 le nouveau robot de la Nasa, dans un champ de lave en Islande, avant une nouvelle mission sur Mars en 2020.  (HALLDOR KOLBEINS / AFP)

Au sol, le sable noir de basalte concassé s’étend à perte de vue, avec pour seul relief, des dunes façonnées par le vent, des roches noires et le sommet des montagnes environnantes. Ce vaste paysage inhabité au pied du Langjökull, deuxième plus grand glacier d’Islande, à l'ouest de l'Islande, a servi, pendant trois semaines, de terrain de jeu à une quinzaine d'ingénieurs et de scientifiques missionnés par la Nasa. Avant d’envoyer l'année prochaine, un nouveau rover sur Mars, à la recherche de signes de vie, l’agence spatiale américaine a choisi de tester l’un de ses prototypes de robot dans le champ de lave de Lambahraun.

"Nous obtenons exactement le type de motifs et de transports de matériaux que les scientifiques souhaitent voir", explique Adam Deslauriers, un des responsables de l’entreprise Mission control space services. "C’est un terrain comparable à celui de Mars, il permet de bien préparer l’exploration, l’apprentissage de la conduite de rovers martiens et de faire une série de tests pour la science", ajoute-t-il.

L'équipe apprend à diriger une astromobile

La société canadienne qu’il représente a été mandatée par la Nasa pour tester un prototype d’astromobile, un véhicule conçu pour explorer la surface d’une autre planète. Ce petit véhicule électrique blanc se déplace grâce à quatre roues motrices qui fonctionnent à la manière d’une pelleteuse. Équipé de capteurs 3D, d’un ordinateur, d’une caméra à deux objectifs et d'instruments scientifiques, le rover piloté à distance avance tout doucement sur le sable noir volcanique pour être efficace. "Le rover va bien plus vite, ici, sur Terre. En ce moment, il roule à 20 cm/s quand il est piloté à distance. Sur la Lune ou sur Mars, sa vitesse serait autour de 5 à 10 cm/s", détaille Mark Vandermeulen, ingénieur en robotique.

La minéralogie islandaise est similaire à celle de Mars. Les roches sombres, dites mafiques, riches en magnésium et en fer, comme les olivines et pyroxènes, ont déjà été retrouvées sur Mars. "Nous avons choisi ce site pour étudier la façon dont le sable et les roches changent. Nous étudions les évolutions au niveau de la composition chimique et au niveau des propriétés physiques, au fur et à mesure qu’ils se déplacent du glacier à la rivière, et avant d’être transportés par le vent", précise Ryan Ewing, professeur en géologie et géophysique à l’Université A&M de Texas aux États-Unis.

L’Islande a déjà servi de décor pour entraîner 32 astronautes des missions Apollo en 1965 et 1967. Le lancement de la mission "Mars rover" par la Nasa est prévu entre le 17 juillet et le 5 août 2020.

Le reportage franceinfo de Jérémie Richard
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