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A la recherche de l'ADN de nos ancêtres

Le Musée de l'homme qui ouvrira ses portes à Paris le 17 octobre prochain se dote d'une salle blanche. Un laboratoire unique pour retrouver des informations génétiques datant de plusieurs milliers d'années.
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Radio France
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 (Le nouveau Musée de l'Homme ouvrira en octobre aprés rénovation © Maxpp)

Une salle blanche pour récupèrer l'ADN ancien, cette installation pratiquement unique en France vient d'ouvrir au coeur du nouveau Musée de l'Homme qui ouvrira ses portes à Paris le 17 octobre prochain. Ce laboratoire sera très utile aux scientifiques pour retrouver l'information génétique contenue dans des échantillons humains ou animaux vieux de plusieurs milliers d'années.

 

La nouvelle salle blanche du Musée de l'Homme. Reportage de Bruno Rougier
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Un premier tri déterminant

Dans ce laboratoire seront étudiés des os ou des dents provenant de squelettes trouvés sur des sites archéologiques. Des échantillons bruts qu'il va falloir nettoyer, réduire en poussière puis trier. Une première analyse rapide permet de vérifier que cet échantillon contient bien de l'ADN et en quantité suffisante. 

Céline Bon, paléogénéticienne du Muséum national d'Histoire Naturelle. : "En fait on travaille sur de l’ADN ancien donc qui est déjà extrêmement dégradé. On va avoir parfois plus d’ADN à l’intérieur d’un seul de nos que postillons que dans l’échantillon lui-même, l’os ancien qu’on va étudier qui va dater de la préhistoire ou du néolitique. On va déjà les nettoyer par abrasion, retirer la couche de terre qui peut être  présente sur l’échantillon et ensuite on va les réduire en poudre très fine à partir de laquelle l’extraction d’ADN va pouvoir se faire."

Repérer les informations significatives

Une opération qui se fait au Génoscope d'Evry. Ce centre de séquençage détermine les paires de bases qui sont contenues dans l'ADN de l'échantillon. C'est une longue liste qui est composée de seulement 4 lettres, A C G et T qui représentent les 4 bases qui s'enchainent dans l'ADN : adénine, cytosine, guanine et thymine. Quand cette liste arrive au Musée de l'Homme, elle est analysée pour repérer dans toutes ces données, celles qui sont intéressantes et significatives. 

C'est l'objectif essentiel de ces analyses, explique la paléogénéticienne Marie-Claude Kergoat du commissariat à l'Energie atomique : "L’ADN qui est extrait de ces os, ça représente un échantillon très complexe qui contient non seulement l’ADN de l’os, mais aussi l’ADN de tous les microorganismes qui ont pu coloniser l’échantillon depuis le départ. A partir de toutes ces séquences, il va falloir trier ce qui est de l’ADN humain. Pour cela, on va se servir de programmes d’analyses qui vont rechercher systématiquement des correspondances entre les séquences d’ADN qui faisaient partie de l’échantillon et une séquence de référence de l’ADN humain qui se trouve dans des banques de données."

Reconstituer la carte génétique d’hommes vivant il y a des milliers d’années

A partir de cela, on va pouvoir reconstituer une bonne partie voire la totalité de la carte génétique d'un homme qui a vécu il y a des milliers d'années. En étudiant l’ADN des échantillons d’os, les paléontologues espèrent ainsi pouvoir comprendre comment certaines civilisations de l’Asie Centrale ont périclité avant d’être remplacé par d’autres.   

Plusieurs autres projets de recherche utiliseront cette salle blanche du Musée de l'Homme

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