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Vidéo Grève des urgentistes : au cœur de l'hôpital de Bobigny

Publié Mis à jour
Durée de la vidéo : 3 min.
Y. JUNQUA / P. LE BAUD / J.-C. LOMBARD - FRANCE 2

Une grève illimitée des urgentistes est prévue dès lundi. Aucune perturbation majeure n'est à prévoir, cette grève consistant surtout à porter un "badge".

Entre les horaires décalés, les semaines à rallonge et le stress, la pénibilité est inhérente à la profession de médecin hospitalier mais n'est, pour l'heure, pas prise en compte. C'est l'une des raisons de la colère des urgentistes, appelés à la grève à partir du lundi 22 décembre. Une équipe de France 2 s'est rendue aux urgences de l'hôpital de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour suivre le quotidien de ces médecins.

"Notre revendication première porte sur une limitation de nos horaires : on nous bassine sur les 35 heures, mais il faudrait déjà appliquer la réglementation européenne qui limite le temps de travail à 48h" pour les hospitaliers, explique Christophe Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF), qui a lancé l'appel à la grève. Postures pénibles, exposition à des agents chimiques ou manutention de charge sont aussi le lot de nombre de médecins de bloc, du Samu, de pédiatres ou radiologues.

Des difficultés de recrutement

Dans son rapport de décembre 2013 sur l'emploi intérimaire à l'hôpital, le député PS Olivier Veran soulignait la difficulté de l'hôpital public "pour recruter certaines spécialités caractérisées par une forte pénibilité, liée au poids de la permanence des soins et des liens étroits avec l'urgence", notamment pour "la médecine d'urgence" avec des gardes nombreuses et du stress professionnel.

Malgré des promesses, le thème de la pénibilité chez les hospitaliers n'a pas été discuté en même temps qu'était élaboré le compte pénibilité pour les salariés du privé (effectif au 1er janvier). Pour apaiser la colère, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a chargé, fin novembre, l'ancien sénateur socialiste Jacky Le Menn de faire des propositions pour rendre plus attractif l'exercice médical à l'hôpital public. Or, "si on ne traite pas la pénibilité, on ne va pas arriver à régler complètement le thème de l'attractivité", estime l'anesthésiste Yves Rébufat.

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