VIDEO. Vaccination obligatoire : "On craint le retour d'autres maladies si la couverture vaccinale venait à baisser"

La coordinatrice du groupe Vaccination et Prévention de la Société française d’infectiologie, Odile Launay, se réjouit de la mise en place, à partir de 2018, de l'obligation d'administration de onze vaccins pour les enfants de moins de deux ans.

FRANCEINFO

Onze vaccins seront obligatoires pour les enfants de moins de deux ans à partir de 2018, a confirmé mercredi 5 juillet la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn. Ils seront pris en charge à 100% par la Sécurité sociale. Une nouvelle qui rassure Odile Launay, coordinatrice du groupe Vaccination et Prévention de la société française d’infectiologie. "On assiste essentiellement au retour de la rougeole, mais on craint le retour d'autres maladies si la couverture vaccinale venait à baisser", a-t-elle expliqué jeudi sur franceinfo. "Aujourd'hui, on a de plus en plus de parents mais aussi de professionnels de santé qui sont réticents vis-à-vis de la vaccination."

franceinfo : Pourquoi les professionnels de santé sont-ils réticents ?

Odile Launay : Les professionnels de santé sont avant tout des citoyens et des parents et ils sont finalement soumis aux mêmes réticences et aux mêmes discours qui désinforment vis-à-vis de la vaccination et qui mettent plutôt en avant les risques que comporte la vaccination que les bénéfices.

Quels sont les risques de ne pas se faire vacciner ?

Ce sont des épidémies comme on a eu entre 2008 et 2011. On a eu plus de 25 000 cas de rougeole, dix décès survenant chez des enfants ou des adultes. On n'avait plus cette maladie, elle avait disparue, on voit qu'elle peut tout à fait réapparaître et depuis le début de l'année 2017, à nouveau, il y a une très grosse épidémie de rougeole en Europe, mais aussi avec des foyers épidémiques en France. Les risques de la vaccination existent, les vaccins comme tous les médicaments, ont des effets indésirables, mais il faut savoir que les vaccins sont des médicaments en prévention et donc les risques qui sont acceptés sont extrêmement minimes. Donc c'est de l'ordre de un pour un million d'effets indésirables.

Y a-t-il un effet de mode autour de la non-vaccination ?

Les anti-vaccinaux sont très peu nombreux, on les estime entre 2% et 3%, mais ils sont très bien organisés et ils utilisent très bien les réseaux internet et les groupes de parole. Ils prennent beaucoup de place et ils jettent un doute dans l'ensemble de la population. Les études qui ont été réalisées montrent que probablement 20% des jeunes adultes, si on supprimait les obligations, ne feraient plus vacciner leurs enfants. On ne peut pas se permettre de voir baisser la couverture vaccinale de 15% à 20%, puisque pour la rougeole on est autour de 80% et il faudrait 95% pour que le virus ne puisse plus du tout circuler.

L'obligation de vaccination concerne trois vaccins déjà obligatoires : diphtérie, tétanos et poliomyélite, ainsi que huit autres : haemophilius influenzae B, coqueluche, hépatite B, rougeole, oreillons, rubéole, méningocoque C et pneumocoque.

La coordinatrice du groupe Vaccination et Prévention de la société française d’infectiologie, Odile Launay, le 6 juillet 2017.
La coordinatrice du groupe Vaccination et Prévention de la société française d’infectiologie, Odile Launay, le 6 juillet 2017. (FRANCEINFO)