Un prix limite pour certaines audioprothèses

Les audioprothésistes ont proposé ce 23 avril l'instauration d'un prix de vente limite à 1.350 euros pour "certains appareils" dès 2019, qui sera progressivement abaissé pour atteindre 1.200 euros en 2022.

Un prix limite pour certaines audioprothèses
Un prix limite pour certaines audioprothèses

Les trois syndicats d'audioprothésistes (Unsaf, Synea et Synam), ainsi que le Collège d'audioprothèse, ont été reçus ce 23 avril par la Direction de la sécurité sociale (DSS), afin d'étudier les options dans le cadre du projet de "reste à charge zéro" au programme d'Emmanuel Macron. Ils ont plaidé pour "l'étalement du calendrier de la réforme entre 2019 et 2022", "[pour ne pas] mettre en péril l'équilibre économique du secteur ni détruire l'excellent maillage territorial actuel", selon un document dont l'AFP a obtenu copie.

Cette mise en œuvre progressive se traduirait par la création d'un prix maximum pour certaines prothèses : 1.350 euros en 2019, puis 50 euros de moins chaque année jusqu'en 2022, pour arriver à 1.200 euros. Selon le ministère de la Santé, cette valeur correspond à une baisse de 20% par rapport au prix moyen d'une prothèse auditive en 2016, soit 1.475 euros.

1.200 euros, nouvelle base de remboursément Sécu pour les audioprothèses ?

Les audioprothésistes envisagent dans le même temps une hausse par étapes du remboursement par l'Assurance maladie, qui passerait de 120 euros par appareil aujourd'hui à 540 euros en 2022, ce qui représenterait à terme 320 millions d'euros de dépenses supplémentaires par an. La part des complémentaires santé (assureurs, mutuelles, instituts de prévoyance) augmenterait aussi, de 450 à 660 euros par prothèse, pour un coût estimé à 200 millions d'euros. Dans ce scénario, le remboursement intégral, objectif du "reste à charge zéro", serait donc effectif à partir de 2022.

Les représentants de la profession souhaitent par ailleurs conserver une partie de leur offre à tarifs libres, mais avec le même niveau de remboursement à 1.200 euros par appareil. Ils s'opposent en outre au "découplage", qui consisterait à dissocier le paiement de la prothèse et celui du suivi annuel.

"Ca n'est pas possible, parce que ça ferait deux réformes systémiques en même temps. Et ça ne fait pas partie de la promesse présidentielle", a déclaré à l'AFP Luis Godinho, président de l'Unsaf.

avec AFP