Obligation vaccinale : ce qui va changer

La vaccination est un sujet de santé publique sur lequel le gouvernement a décidé d'aller vite. Ce mercredi 5 juillet 2017, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé que la loi rendant obligatoires onze vaccins serait examinée avant la fin de l'année. Explications.

L'obligation vaccinale est l'une des premières mesures de santé publique prise par le nouveau gouvernement. Aux trois vaccins actuellement obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans : diphtérie, tétanos, poliomyélite, devraient s'ajouter dès 2018 celui de la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l'hépatite B, l'haemophilus inflanza, le pneumocoque et le méningocoque C. Ces huit vaccins étaient jusqu'alors seulement recommandés.

Pour la ministre de la Santé qui a détaillé cette mesure ce mercredi 5 juillet 2017, il s'agit de lutter contre la ré-émergence des maladies infantiles comme la rougeole : "Cette situation est intolérable. Nous ne pouvons pas accepter que des enfants et des adolescents meurent en France aujourd'hui alors que des vaccins existent pour les protéger", a-t-elle déclaré.

En effet, depuis 2008, 24.000 cas de rougeole ont été déclarés en France, provoquant 34 complications neurologiques et même dix décès.

Relancer la couverture vaccinale

L'objectif de la ministre de la Santé est de relancer la couverture vaccinale car aujourd'hui, seuls 70 à 85% des enfants de moins de 2 ans ont bénéficié de ces vaccins recommandés. Or, selon l'OMS et le ministère de la Santé, il faudrait que ce taux dépasse les 95% pour éviter le retour d'un risque épidémique.

En pratique, avec ces nouveaux vaccins obligatoires, tous les enfants de moins de 2 ans auront dix injections étalées sur 24 mois. Mais le plus compliqué  pour Angès Buzyn sera de faire accepter cette mesure aux anti-vaccins et à la partie de la population de plus en plus méfiante envers la vaccination.

Cette mesure, dont le coût pour l'Assurance maladie est estimé entre dix et vingt millions d'euros, devrait être présentée devant le parlement avant la fin de l'année pour une entrée en application courant 2018.

Le directeur général de la santé, Benoît Vallet, a pour sa part indiqué que des discussions étaient en cours avec les industriels pour renégocier le prix des vaccins obligatoires et gérer les pénuries.