Mammographie tous les deux ans : un bénéfice important entre 50 et 74 ans

Les femmes âgées de 50 à 69 ans qui effectuent des mammographies tous les deux ans environ réduisent de 40% leur risque de mourir d'un cancer du sein, selon une large synthèse d’études scientifiques coordonnée par l'Agence internationale de recherche sur le cancer (IARC). 

Pour les femmes de mêmes âges effectuant des mammographies sur des bases moins régulières, le risque reste diminué, mais de seulement 23%. Un bénéfice net du dépistage régulier perdurerait jusqu’à 74 ans.

Pour parvenir à leurs conclusions, les experts de l’IARC (agence qui dépend de l'Organisation Mondiale de la Santé) ont évalué les impacts positifs et négatifs des différentes méthodes de dépistage du cancer du sein en se référant aux résultats de onze essais cliniques contrôlés ainsi que de 40 études d'observations(1).

Les nouvelles études disponibles confirment donc que ce sont les femmes de 50 à 69 ans qui bénéficient le plus des mammographies. A noter que plusieurs des études analysées montrent également une réduction substantielle du risque de décéder d'un cancer du sein chez femmes de 70 à 74 ans à subir une mammographie régulièrement, ce qui représente un changement par rapport au précédent consensus médical sur le dépistage dans cette tranche d'âge.

En revanche, réaliser des mammographies tous les deux ans ne semble pas présenter de bénéfice net pour les femmes dans la quarantaine.

Cette synthèse montre enfin que les avantages de la mammographie surpassent son impact néfaste, comme les résultats faux-positifs, le sur-diagnostic et potentiellement des cancers provoqués par les radiations de cet examen.

"Cette analyse importante devrait, espérons-le, rassurer les femmes dans le monde sur le fait que la mammographie sauve des vies et que le dépistage du cancer du sein est un outil essentiel pour accroître des diagnostics précoces et de ce fait réduire la mortalité", commente le professeur Stephen Duffy, de l'Université Queen Mary à Londres, co-auteur de la publication.

Malgré ces succès, le professeur Duffy souligne la nécessité "de poursuivre les efforts de recherche sur d'autres méthodes de dépistage comme la très prometteuse tomosynthèse en 3D, une mammographie numérique qui pourrait être plus adaptée pour sonder les tissus mammaires denses".

(1) Cette réévaluation, publiée ce 3 juin dans le New England Journal of Medicine, vise à une mise à jour du manuel de l'IARC sur le dépistage du cancer mammaire, dont la dernière édition remonte à 2002.