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Désert médical : en Saône-et-Loire, le conseil départemental veut recruter lui-même des généralistes

Le conseil départemental de Saône-et-Loire envisage de recruter 30 médecins généralistes pour pallier les déserts médicaux. Le président UMP, André Accary, doit présenter son projet aux élus d'ici au 25 juin. 

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Radio France
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Le conseil départemental de Saône-et-Loire veut recruter lui-même des médecins pour lutter contre les déserts médicaux. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Pour André Accary, le président UMP du conseil départemental de Saône-et-Loire, tout part d'un constat. "Depuis plusieurs années, le département, comme toutes les autres collectivités, propose des dispositifs d'accompagnement pour l'installation ou des dispositifs de recrutement. Mais tout ceci est finalement peu productif." Le deuxième constat, c'est que la courbe des âges des médecins est croisée avec celle des patients de ce département. De plus, certains des médecins subissent une pression administrative ou de la part des patients qui n'ont plus de médecin référent. "Ils finissent par abandonner le secteur libéral parce qu'ils ne peuvent plus continuer à subir cette pression qui est grandissante", explique André Accary.

En Saône-et-Loire, comme partout en France, beaucoup de patients n'ont plus de référents médicaux

André Accary, président du conseil départemental de Saône-et-Loire

à franceinfo

Ce problème serait dû aux dernières politiques publiques, selon l'élu local : "Nous avons des gouvernements qui ont créé cette situation. Et nous, les élus locaux, on se retrouve face à des situations ingérables." André Accary a donc décidé de prendre le problème à bras le corps : "Ça fait des mois que je réflechis à cette situation. Je propose donc de recruter nous-mêmes des médecins." 

Des médecins exonérés de travail administratif 

L'objectif d'André Accary avec cette mesure, c'est de proposer à ces médecins "d'exercer pleinement leur métier, c'est-à-dire la consultation médicale". Selon l'élu, les médecins consacreraient un tiers de leur temps de travail à effectuer des tâches administratives. "Moi, je leur offre sur ce département des conditions de travail qui leur permettent d'exercer leur métier, ce pour quoi ils ont été formés, à 100%."

Le dispositif serait organisé par zones géographiques. "On les incite à aller sur des secteurs ciblés comme étant des zones désertifiées et on leur propose une structure qui leur permet de se consacrer à la consultation." Mais le président du conseil départemental de Saône-et-Loire entend "fidéliser" les médecins, en leur attribuant une zone précise sur laquelle ils travailleraient à temps complet, "afin que les patients puissent avoir un médecin référent". 

Pas de concurrence avec la médecine libérale 

Le dispositif sera-t-il concurrent à la médecine libérale ? Non, assure André Accary. "Je ne veux pas déshabiller Pierre pour habiller Paul", explique-t-il. "Je veux intervenir en complément de la médecine libérale." Selon lui, il s'agit d'un investissement comme tout autre réalisé par le conseil départemental. "Même si au départ, c'est déficitaire, peu importe !"

Je pense que c'est finalement des euros bien dépensés au service de l'attractivité et surtout au service des patients de ce territoire.

André Accary, président du conseil départemental de Saône-et-Loire

à franceinfo

Ces euros "bien dépensés" seraient à hauteur de 5000€/mois par médecin pour 35 heures de travail hebdomadaire.

André Accary, président du conseil départemental de Saône-et-Loire au micro de Julien Moch
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