Le deuxième patient bénéficiant du cœur artificiel va encore mieux que prévu

Le malade, qui requiert l'anonymat, a reçu ce prototype en août, au CHU de Nantes. L'évolution de son état de santé est jugée "très encourageante".

Un employé de la société Carmat montre le cœur artificiel, le 24 septembre 2009, à Vélizy (Yvelines). 
Un employé de la société Carmat montre le cœur artificiel, le 24 septembre 2009, à Vélizy (Yvelines).  (FRANCK FIFE / AFP)

Cela fait trois mois qu'il a été greffé et il "va très bien". L'évolution de l'état de santé du deuxième patient bénéficiant d'un cœur artificiel de la société Carmat est même "plus spectaculaire" que prévu, déclare le chirurgien Alain Carpentier dans une interview aux Echos, mercredi 5 novembre.

"Le malade a récupéré un état général très satisfaisant et a retrouvé son autonomie. Il assure lui-même son hygiène ­corporelle, se déplace seul dans sa chambre, où il fait régulièrement du vélo d'appartement", fait savoir l'inventeur du cœur artificiel. Surtout, "il a atteint le niveau maximal sans anomalie respiratoire" aux tests d'effort, "ce qui est un critère d'efficacité", note Alain Carpentier. "Son évolution est très encourageante, plus rapide (...) qu’il ne pouvait le craindre", ajoute-t-il, sans préciser de date de sortie de l'hôpital.

Beaucoup de progrès depuis la mort du premier patient

La société Carmat a implanté ce cœur le 5 août au CHU de Nantes (Loire-Atlantique), dans le cadre d'une expérimentation qui doit se poursuivre avec le recrutement de deux autres patients souffrant d'insuffisance cardiaque. Le second greffé, qui requiert l'anonymat, est âgé d'une soixantaine d'années et "était mourant" avant l'intervention. Avant lui, Claude Dany, 76 ans, avait reçu ce prototype mais était mort 74 jours après l'implantation.

Mais depuis, "nous avons beaucoup progressé sur la validation des critères d'évaluation, souligne Alain Carpentier. Maintenant, on sait qu'il ne faut pas commencer par faire en sorte que le cœur artificiel donne au malade le débit théorique auquel il a droit, cela doit se faire progressivement." Et d'ajouter : "La survie du malade n’est pas le seul critère d'efficacité. La récupération de la fonction normale des différents organes nobles, comme le foie ou le rein, est tout aussi cruciale."