Cancer : la majorité des patients dans le monde ne bénéficient pas de soins adaptés

Les trois-quarts des patients atteints d'un cancer dans le monde ne bénéficieraient pas d'une chirurgie adaptée, tandis que 40 à 60% n'auraient pas accès à une radiothérapie. Cette inégalité des soins entraîne des millions de morts chaque année. 

Chaque année, environ 15 millions de nouveaux cas de cancers sont dénombrés dans le monde. Parmi eux, 80% nécessiteraient une chirurgie, tandis que 60% auraient besoin d'un traitement par radiothérapie. Mais, seules les minorités les plus riches y ont accès et des millions de personnes meurent chaque année dans le monde de cancers curables, selon des données publiées par la revue The Lancet Oncology.

Présentées lors d'un congrès européen sur le cancer qui se tient à Vienne, jusqu'au 29 septembre 2015, ces données font apparaître que plus des trois-quarts des patients atteints d'un cancer ne bénéficient pas d'une chirurgie "sûre" et "appropriée" dans le monde.

"Nos nouvelles estimations suggèrent que moins d'un patient sur vingt dans les pays à faibles revenus, et environ un sur cinq dans les pays à revenus moyens, ont accès ne serait-ce qu'à une chirurgie de base", résume le Pr Richard Sullivan, du King's College à Londres, à l'intitiative de ce rapport sur la chirurgie du cancer.

Le traitement contre le cancer est un luxe

Concernant la radiothérapie, le constat est semblable, une autre commission estime pour sa part que seulement 40 à 60% des malades du cancer qui pourraient en bénéficier ont eu droit à ce traitement, jugé essentiel dans bon nombre de cancers.

Le recours à la radiothérapie est particulièrement insuffisant dans les pays à faibles revenus où il atteint à peine 10%, mais il est encore nettement plus bas en Afrique où une quarantaine de pays ne disposent d'aucun appareil de ce type.

Pour ne rien arranger, d'ici à 2030, le nombre de nouveaux cas de cancers devrait atteindre les 22 millions par an. La situation risque d'être particulièrement préoccupante dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie où les besoins chirurgicaux devraient augmenter de 60%.

Les spécialistes s'inquiètent également du fait qu'un tiers des patients opérés dans les pays les moins riches se trouvent confrontés à des coûts si élevés qu'ils tombent dans la pauvreté. Un autre quart arrête le traitement parce qu'il ne peut plus payer.

On retrouve une situation largement similaire dans l'accès à la radiothérapie avec des investissements très insuffisants pour répondre à des besoins en forte hausse.

Cependant, d'après les calculs de la commission, l'équivalent de 27 millions d'années de vie pourrait être gagné d'ici à 2035 si près de 100 milliards de dollars (90 milliards d'euros) étaient investis dans des équipements de radiothérapie dans les années à venir. Reste à trouver qui voudra bien mettre la main à la poche...

Avec AFP