Un vaccin expérimental testé contre le VIH

Le développement de ce vaccin potentiel est maintenant suffisamment avancé pour lancer un test sur 2 600 femmes en Afrique australe.

Un vaccin expérimental contre le VIH manipulé dans un laboratoire de Shoshaguve, près de Pretoria (Afrique du Sud), le 30 novembre 2016.
Un vaccin expérimental contre le VIH manipulé dans un laboratoire de Shoshaguve, près de Pretoria (Afrique du Sud), le 30 novembre 2016. (MUJAHID SAFODIEN / AFP)

Se dirige-t-on vers un vaccin contre le VIH ? Dans un communiqué de la revue The Lancet (en anglais), des chercheurs ont fait état samedi 7 juillet d'un progrès encourageant. Un vaccin expérimental a provoqué une réaction immunitaire chez des humains et protégé des macaques de l'infection.

L'étude publiée samedi rapporte les résultats d'un test chez 393 adultes en bonne santé, séronégatifs, âgés de 18 à 50 ans en Afrique de l'Est, Afrique du Sud, Thaïlande et aux Etats-Unis. Certains ont reçu l'une des combinaisons vaccinales possibles ou un placebo, via quatre injections en 48 semaines. Ces combinaisons étaient faites de différents types de virus VIH, rendus suffisamment inoffensifs, avec l'espoir de provoquer une réponse immunitaire. Or celle-ci a été "robuste", se félicite le directeur de l'étude, le virologue Dan Barouch.

"Une étape importante"

Les tests ont également démontré l'innocuité du vaccin. Seuls cinq participants ont fait état d'effets indésirables, comme des douleurs abdominales, une diarrhée, des vertiges ou des douleurs au dos. Dans une étude séparée, ces mêmes vaccins ont offert une protection à deux tiers des 72 macaques rhésus auxquels les chercheurs ont ensuite tenté d'inoculer le virus. Le développement de ce potentiel vaccin, sûr pour l'homme, est maintenant suffisamment avancé pour lancer un test sur 2 600 femmes en Afrique australe.

"Ces résultats représentent une étape importante", souligne le professeur Barouch. Mais il prévient cependant qu'il n'y a aucune garantie que les tests suivants soient aussi positifs. Les résultats du test grandeur nature, appelé Imbokodo ("rocher", en langue zoulou), sont attendus en 2021 ou 2022.