Un dentiste sur trois refuse de soigner les séropositifs

C'est le constat dressé par l'association Aides, qui a organisé un test à grande échelle.

Une intervention dans une clinique dentaire, à Besançon (Doubs), le 15 mars 2013. 
Une intervention dans une clinique dentaire, à Besançon (Doubs), le 15 mars 2013.  ( MAXPPP)

"Aucune personne ne peut faire l'objet de discriminations dans l'accès à la prévention ou aux soins", peut-on lire dans le Code de la santé publique. Pourtant, plus d'un tiers des dentistes refusent de soigner des patients atteints du VIH, selon une étude menée par l'association de lutte contre le sida Aides dont les résultats sont dévoilés par Le Parisien jeudi 4 juin.

Pour mener ce test, les militants d'Aides ont contacté 440 dentistes et 116 gynécologues. Ils ont demandé des rendez-vous pour un détartrage ou un frottis, en précisant qu'ils étaient séropositifs. Pour s'assurer que seule la maladie entraînerait un éventuel refus, ils présentaient un nom français et pas de couverture maladie universelle (CMU). Si les gynécologues ont dans une écrasante majorité accepté de prodiguer des soins (1,7% de refus et 4,3% de refus déguisés), les dentistes ont été bien plus nombreux à les refuser, quitte à se mettre dans l'illégalité.

"Des réactions tout à fait anormales"

Ainsi, 3,6 % des dentistes ont refusé de recevoir le patient directement à cause du VIH, tandis que 30% d'autres ont tenté de dissuader le malade en invoquant divers motifs. Certains se sont subitement inquiétés de la solvabilité financière du patient, tandis que d'autres affichaient des dépassements d'honoraires ou orientaient leur interlocuteur vers l'hôpital. 

Interrogé par Le Parisien, le président de l'ordre national des chirurgiens-dentistes a fermement condamné de tels agissements. Car si le VIH se transmet par le sang, une bonne stérilisation et désinfection du matériel permet d'éliminer les risques de transmission accidentelle, dont les cas avérés sont par ailleurs "rarissimes", selon Le Parisien"Ces réactions sont tout à fait anormales, et nous poursuivons systématiquement quand elles nous parviennent, juge ainsi Christian Couzinou. Dans les cabinets, les précautions sont les mêmes quel que soit le patient. D'ailleurs, certains ignorent qu'ils sont séropositifs, et quand ils le savent, ils ne sont pas obligés de le dire."