Journée mondiale de lutte contre le sida : "L'urgence, le besoin de s'informer et de se protéger se perdent"

Serawit Bruck-Landais, directrice des programmes scientifique et médical au Sidaction, a regretté, vendredi sur franceinfo, que la jeunesse soit mal informée à propos des risques liés aux virus du VIH.

La municipalité de Thionville affiche sa solidarité avec l\'opération Sidaction 2017 (Illustration).
La municipalité de Thionville affiche sa solidarité avec l'opération Sidaction 2017 (Illustration). (MAXPPP)

La Journée mondiale de lutte contre le sida a lieu vendredi 1er décembre. Le virus du VIH a fait 35 millions de morts depuis le début de l'épidémie. L'an dernier, 6 000 personnes ont découvert leur séropositivité en France, malgré les campagnes de prévention et les sensibilisations auprès des plus jeunes. Une situation que déplore Serawit Bruck-Landais, directrice des programmes scientifique et médical au Sidaction, invitée de franceinfo.

franceinfo : La recherche continue de progresser sur le virus du sida mais parallèlement la vigilance, notamment des jeunes, semble baisser...

Serawit Bruck-Landais : En effet, heureusement qu'il y a des progrès scientifiques pour que les gens porteurs du virus arrivent à vivre leur vie. Mais, l'urgence, le besoin de s'informer et de se protéger se perdent. Les jeunes, pour la plupart, sont mal informés sur le mode de contamination. Ceux qui sont informés ne se sentent pas concernés.

Que faut-il dire aux jeunes pour leur rappeler sans cesse ce danger ?

Le danger est qu'on n'a pas de guérison, pas de vaccin qui peut vraiment éradiquer le virus. Cette situation fait que les personnes qui sont affectées ont une vie, mais ils ont un traitement très très lourd. Se protéger est la seule chose qu'il faut faire le plus. Avec le sida, cliniquement on peut vivre mais on est plus fragile pour développer d'autres maladies de types cardio-vasculaires, diabétiques ou encore digestives. Les personnes séropositives peuvent vivre, mais elles n'ont pas la qualité de vie des autres personnes.

>> "On ne vit pas, on survit" : vieillir avec le VIH, le combat au quotidien de Frédéric, 57 ans 

C'est peut-être là-dessus qu'il faut communiquer davantage ?

La communication doit être multiple, pour les jeunes, pour les personnes qui vivent avec et aussi pour les personnes qui se contaminent plus tard dans leur vie. On voit bien que plus de 20% des personnes contaminées ont plus de 50 ans. Notre message doit être adapté à la population et aux personnes à risques.