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On vous explique le "bordel" autour de la maison close proposant des poupées sexuelles à Paris

Ouverte le 1er février à Paris, Xdolls est dans le collimateur des élus du groupe communiste-Front de gauche.

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L'une des poupées proposées par Xdolls, la première maison close pour poupées à Paris, le 29 janvier 2018. (MAXPPP)

Des poupées et une polémique. Des élus du groupe communiste-Front de gauche à la mairie de Paris ont réclamé, vendredi 16 mars, la fermeture de Xdolls, la première maison close où les prostituées sont des poupées sexuelles. Un vœu a même été déposé au Conseil de Paris, qui débute mardi 20 mars.

Franceinfo fait le point sur la polémique.

C'est quoi, cette "maison" de poupées ?

Xdolls a ouvert le 1er février. Situé dans le 14e arrondissement de Paris, à une adresse tenue secrète, cet espace de 70 m2 propose des relations tarifées avec quatre poupées de silicone, dont les prénoms et mensurations sont détaillés sur le site internet de l'établissement.

Pour passer une heure en compagnie de ces "sextoys de dernière génération", il faut débourser 89 euros. Son concepteur, Joaquim Lousquy, a expliqué à 20 minutes avoir eu l'idée en découvrant des établissements similaires en Espagne et en Allemagne.

Que lui reproche-t-on ?

Très médiatisée, l'ouverture de cette maison close a suscité de vives critiques. Le président du groupe communiste-Front de gauche au Conseil de Paris, Nicolas Bonnet Oulaldj, a estimé, dans les colonnes du Parisien, qu'elle "véhicule une image dégradante de la femme" et l'a assimilée à "un lieu de prostitution avec un propriétaire pouvant être assimilé à un proxénète".

Un avis partagé par le Mouvement du nid, qui lutte contre la prostitution. "Ce n'est pas un sex-shop. C'est un endroit qui génère de l'argent et où l'on simule le viol d'une femme", explique au Parisien Lorraine Questiaux, porte-parole de l'association. Les élus parisiens reprochent enfin au propriétaire d'avoir enregistré son commerce "en tant que maison de jeux", "comme si c'était une salle avec des baby-foot ou des flippers".

A l'inverse, la réalisatrice engagée Ovidie a estimé, dans une série de tweets, que cette affaire est un "non-sujet".

Est-ce que c'est bien légal, tout ça ?

Selon Le Parisien, la police a rendu "une petite visite" au propriétaire de l'établissement, sur son lieu de travail. Toujours selon le quotidien, elle n'a constaté aucun trouble à l'ordre public et estime que cette activité n'est pas assimilable à de la prostitution. "Pénalement, on ne peut pas accuser un homme de viol sur une poupée. C'est à peu près comme si une femme portait plainte contre un godemiché !", glisse un policier au Parisien. "En tant que telle, cette activité n'est notamment pas assimilable à du proxénétisme, dont la définition est précisée à l'article L.225-5 du Code pénal, précise la préfecture de police. Le Code pénal fait référence à des êtres humains et non à des objets."

Pour la porte-parole du Mouvement du nid, la préfecture de police a l'obligation de s'assurer que la dignité humaine est respectée dans l'espace public. "Sur ce point, peut-on cautionner en France un commerce fondé sur l’apologie du viol ?", s'interroge Lorraine Questiaux.

Qu'en pense la mairie ?

La mairie de Paris estime qu'il n'y a pas de sujet. Premier adjoint d'Anne Hidalgo, Bruno Julliard se serait bien passé de cette polémique, "loin de l'actualité municipale" comme il l'explique à 20 minutes.

Comment le dirigeant du lieu se défend-il ?

Pour Joaquim Lousquy, son commerce n'a rien à se reprocher. "Nous proposons quelque chose de carré, propre et légal, explique-t-il à 20 minutes. Si on doit se plier, on se pliera mais nous n'allons pas nous laisser faire. Et j'invite ces élus à venir ici pour voir la clarté du lieu".

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