Cancer : les femmes aussi ont droit à une sexualité !

"Le sexe n'est pas un luxe. Les malades de cancer ne sont pas des mortes en rémission !" Voici le coup de gueule lancé via une pétition par le magazine Rose, un féminin destiné aux personnes touchées par le cancer.

Chaque année, 60.000 femmes apprennent qu'elles souffrent d'un cancer du sein, de l'utérus ou des ovaires. Après les chirurgies, les chimiothérapies et les radiothérapies, elles sont souvent traitées par hormonothérapie pour réduire le risque de récidives. Une nouvelle épreuve puisque ces médicaments provoquent des sécheresses vaginales qui handicapent leur vie sexuelle. Pour les aider, des solutions existent, mais les traitements ne sont pas remboursés. Ce que dénonce le magazine Rose. Céline Lis-Raoux, directrice de la rédaction, a répondu à nos questions.

  • De quoi souffrent exactement les femmes que vous soutenez ?

Céline Lis-Raoux, directrice de la rédaction, Rose : "Elles souffrent de vaginite atrophique. Autrement dit privé d'hormones, leur vagin se déssèche. Ce qui provoque des difficultés à avoir des rapports sexuels ou des douleurs pendant les rapports. Ces troubles sont bien connus car ce sont les effets de la ménopause. Il existe donc des traitements pour y remédier. Mais ils sont plein d'hormones. Et pour les femmes atteintes de cancer, les hormones, c'est interdit."

  • Concrètement, quel est le coût de ces traitements pour les femmes malades ou ex-malades du cancer ?

Céline Lis-Raoux : "Entre les compléments alimentaires contre les bouffées de chaleur, les gels contre la vaginite atrophique, et les gels lubrifiants pour pouvoir avoir des rapports sexuels, le panier moyen mensuel s'élève à environ 50 euros. Mais 50 euros mensuels à vie. Cela représente beaucoup d'argent."

  • Pour les hommes en revanche, la situation est toute autre... Pourquoi ?

Céline Lis-Raoux : "La santé est faite par les hommes, pour les hommes. Quand des hommes souffrant d’un cancer de la prostate, après une opération de chirurgie, souffrent de troubles érectiles, cette impossibilité à l’érection est prise en compte, comprise et entendue. Les traitements sont remboursés. En revanche, quand à cause d’un traitement, des femmes se retrouvent incapables d’avoir des rapports sexuels ou en ont avec douleur, ce n’est pas pris en compte. C’est vraiment deux poids, deux mesures…"

  • À qui s'adresse votre pétition ?

Céline Lis-Raoux : "Longtemps les femmes ont abandonné l’espoir d’avoir des relations sexuelles pendant ou après le cancer. Il existait une forme de violence intériorisée consistant à dire : "je suis en vie, donc j’accepte le reste de ma vie telle qu’elle vient". Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Cette pétition s’adresse d’abord à notre ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui est une femme et qui connaît parfaitement les problématiques liées au cancer puisqu'elle est l’ancienne directrice de l’Inca, l’Institut National du Cancer. À la Haute Autorité de Santé aussi puisque, tous ces médicaments sans hormones ne sont pas remboursés. Cette institution en effet ne donne pas le sésame, ce qu’on appelle l’ASMR, l’amélioration du service médical rendu, pour tous les gels et ovules sans hormones."

Si vous souhaitez soutenir cette cause et signer cette pétition, rendez-vous à l’adresse suivante : petition.rosemagazine.fr

Entretien avec Céline Lis-Raoux, directrice de Rose Magazine
Entretien avec Céline Lis-Raoux, directrice de Rose Magazine