Plan d'action pour les Ehpad : bien, mais peut mieux faire, selon les syndicats et associations

La ministre de la Santé doit présenter mercredi son plan d'action pour les Ehpad. Parmi les mesures attendues, la présence d'une infirminère de nuit dans chaque établissement et la création de 20 000 postes supplémentaires en trois ans. Mais les associations et les syndicats attendent plus.

Un Ehpad de Montbéliard (Doubs), en mai 2018.
Un Ehpad de Montbéliard (Doubs), en mai 2018. (LIONEL VADAM / MAXPPP)

Agnès Buzyn doit dévoiler mercredi 30 mai un plan d'action pour les établissements d'hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad). Selon France Inter, il prévoit la présence d'une infirmière de nuit dans chaque Ehpad, la création de 20 000 postes supplémentaires et l'injection de 430 millions d'euros en trois ans. Bien, mais peut mieux faire, pour certaines associations.

"On voit qu'il y a une prise de conscience de la part du président de la République, du Premier ministre et de la ministre, estime Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs aux services des personnes âgées (AD-PA). Qu'il y ait des infirmières de nuit n'est pas inintéressant, mais ce n'est absolument pas ce que nous souhaitons. Nous souhaitons qu'il y ait au quotidien, dans la journée, auprès des personnes âgées, un nombre suffisant d'infirmières, d'aides-soignants, de psychologues et d'animateurs."

20 000 postes supplémentaires : toujours pas assez

Concernant les postes supplémentaires, Pascal Champvert y voit un pas en avant incontestable. "Il y a quelques temps, on nous disait qu'il n'y aurait rien et aujourd'hui il y a 20 000 postes. On s'engage dans la bonne direction. Cependant, ces 20 000 postes représentent moins de dix minutes par poste par jour pour chaque personne âgée vivant en établissement. C'est mieux, mais ça n'est pas du tout ce qu'attendaient les personnes âgées, les familles et les professionnels. Nous attendons d'avoir le même nombre de professionnels dans les établissements que chez nos voisins européens, c'est-à-dire entre 8 et 10 professionnels pour 10 personnes âgées."

Avec ces créations de postes se pose aussi la question de la formation du personnel. "Il faut mettre en place une filière perte d'autonomie car la situation, dès le domicile, devient extrêmement problématique" estime Claudette Brialix, vice-présidente de la Fédération nationale des associations et amis de personnes âgés et de leurs familles (Fnapaef). Elle appelle aussi l'Etat à réinvestir dans des Ehpad publics. "Dans le département du Var, il y a 80% d'établissements privés. Il faut vraiment mettre ce dossier à plat."

Des annonces contradictoires

Certains restent tout de même méfiants. "Les annonces vont dans le bon sens", mais "il faut que l'argent mis soit réellement utilisé pour les pensionnaires" rappelle Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI CFE-CGC). "Le président de la République avait annoncé qu'il n'y aurait pas d'économies sur l'hôpital en général, et quinze jours après Mme Buzyn a signé une circulaire avec 960 millions d'euros d'économies en 2018 sur les hôpitaux. Là, elle annonce de grandes choses pour nous, comme le fait qu'il y ait une présence d'infirmière la nuit en Ehpad, mais en décembre, elle a décidé une convergence tarifaire, c'est-à-dire le fait de réduire le budget des Ehpad publics de 200 millions d'euros en une année."