Santé : les personnes atteintes d'acouphènes sont moins attentives que les autres et aiment moins la musique, pointe une étude

Cette étude menés par plusieurs hôpitaux soulignent les effets cognitifs et socio-émotionnels des acouphènes, une pathologie qui touche près d'un Français sur cinq.
Article rédigé par Solenne Le Hen, franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Une femme porte un casque audio à Montpellier en 2019. (SYLVIE CAMBON / MAXPPP)

Les personnes atteintes d'acouphènes - ces bourdonnements, sifflements ou grésillements, entendus dans l'une ou les deux oreilles - sont moins attentives que les autres et aiment moins la musique, pointent les premiers résultats d'un essai clinique dévoilé mardi 6 février et dont franceinfo a pris connaissance. Mené par deux hôpitaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (l’hôpital européen Georges-Pompidou et la Pitié-Salpêtrière), par l’Institut du cerveau et l’université de Lille, cet essai clinique, appelé Audicog, a été mené sur près de 300 personnes dont la moitié souffrait d'acouphènes. Soutenu par la Fondation pour l'audition, l'étude vise à mieux comprendre les mécanismes des acouphènes.

Ces résultats soulignent d'abord l'importance d’élargir les recherches sur l’acouphène au-delà de la sphère auditive et la nécessité de considérer les aspects cognitifs et socio-émotionnels lors de la prise en charge des personnes atteintes d'acouphènes pour améliorer la qualité de vie. "Il y a un ensemble de facteurs confondants qui viennent brouiller les pistes", concède Séverine Samson, professeure de neuropsychologie à l'université de Lille. "On sait que ces personnes ont une hypersensibilité au bruit, presque toujours associée à une perte auditive", selon elle. "On sait que ces personnes ont des difficultés de sommeil, sont très irritables", ajoute-t-elle.

Une thérapie par la musique ?

L'attention et la vigilance sont moins fortes chez les personnes atteintes d'acouphènes, confirme l'étude. "Si j'ai un acouphène, mon attention sera sur l'acouphène et il n'y aura plus assez de ressource pour aller s'occuper de ce qui peut être menaçant à l'extérieur", explique le docteur Alain Londero, médecin ORL à l’hôpital européen Georges-Pompidou. "Cela laisse la porte ouverte à des thérapies qui seraient ciblées sur ce dysfonctionnement spécifique, on pourrait faire des techniques de rééducation attentionnelle, on pourrait rééduquer en faisant de la musicothérapie", poursuit-il.

Autre constat de cette étude : les personnes qui disent entendre des acouphènes trouvent la musique plus désagréable. "Le plaisir qu'il ressentait auparavant à la musique est moins important", note le docteur Alain Londero. "Ce que nous disent les patients, c'est que depuis qu'ils ont leur acouphène, ils ont du mal à aller à un concert", décrit-il.

Environ 15 à 20% des Français déclarent souffrir d’acouphènes, dont 1 à 2% disent en souffrir dans leur vie quotidienne.

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