Salles de consommation de drogue: Touraine "espère" des expérimentations fin 2012

La ministre de la Santé a précisé que plusieurs municipalités "de droite comme de gauche" étaient déjà "prêtes à s'engager" pour accueillir ce type de salles.

Marisol Touraine, la ministre de la Santé, le 17 octobre 2012.
Marisol Touraine, la ministre de la Santé, le 17 octobre 2012. (MIGUEL MEDINA / AFP)

SANTE - La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a indiqué dimanche 21 octobre qu'elle "espérait" lancer en France l'expérimentation des salles de consommation de drogue d'ici la fin de l'année. "J'espère que des expérimentations pourront être annoncées avant la fin de l'année" a déclaré la ministre sur BFMTV, précisant que plusieurs municipalités "de droite comme de gauche" étaient déjà "prêtes à s'engager" pour accueillir ce type de salles.

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Ces salles permettent aux toxicomanes de consommer leurs propres produits dans de bonnes conditions d'hygiène et sous supervision de personnels de santé. Elles sont actuellement illégales en France mais existent dans près d'une dizaine de pays, dont la Suisse et l'Allemagne."Je suis en train de regarder les conditions dans lesquelles cela peut se faire" a encore commenté la ministre, soulignant que ce sujet ne devait pas être "partisan". L'UMP s'est déclarée hostile à la création de ce type de "salle de shoot", prônant la prévention de la toxicomanie plutôt que son encadrement. "Ouvrir des salles de consommation de drogues, ce n'est pas lutter contre le fléau de la drogue, c'est banaliser l'usage et c'est légaliser la consommation des drogues les plus dures et cela aux frais des contribuables !", avait indiqué dans un communiqué diffusé fin août Camille Bedin, secrétaire nationale de l'UMP.

Le débat sur les "salles de shoot" avait été relancé cet été par le député socialiste et adjoint au maire de Paris Jean-Marie Le Guen, qui avait demandé au gouvernement d'autoriser la création de salles d'injection de drogues, notamment "face à l'augmentation de la consommation d'héroïne". La ministre de la Santé a parallèlement réitéré, dimanche, la position du gouvernement contre une dépénalisation du cannabis. "Il faut être intraitable sur la loi, sur la règle et vis-à-vis des trafiquants", a-t-elle indiqué. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait dû rappeler à l'ordre, la semaine passée, le ministre de l'Education, Vincent Peillon, qui s'était déclaré favorable à un "débat" sur la dépénalisation du cannabis.