Un mode de vie plus sain permet de ralentir le développement de la démence, même pour les malades d’Alzheimer, selon une étude de l'Inserm

Plus de 5 000 sexagénaires ont été suivies pendant 12 à 17 ans. Le résultat montre que, même en présentant une prédisposition génétique à la maladie d’Alzheimer, de bonnes habitudes de vie permettent de réduire ou de retarder les symptômes.
Article rédigé par franceinfo
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Un couple âgé en pleine sortie sportive (photo d'illustration). (MAXPPP)

C'est une première en France, des chercheurs de l'Inserm, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, ont montré qu'en adoptant un mode de vie plus sain, on peut retarder l'apparition de la démence et ralentir le déclin cognitif, même chez les personnes à risque d'Alzheimer.

L'étude publiée jeudi 6 juin dans la revue Alzheimer’s & Dementia, menée par la chercheuse Cecilia Samieri, a suivi pendant 12 à 17 ans 5 170 personnes de plus de 65 ans habitant à Dijon, Montpellier et Bordeaux. Au début, "aucune d'entre elles n’avait un diagnostic de démence", précise l'étude. Les chercheurs ont attribué à chaque participant un "score de risque" appelé "LIfestyle for BRAin health score (LIBRA)".

Alimentation, inactivité, antécédents, risque génétique... Tout est comptabilisé

Il comprend 12 composantes : des facteurs liés au mode de vie, c'est-à-dire une mauvaise alimentation, une inactivité physique, un faible engagement dans des activités cognitives stimulantes, une consommation d’alcool et de tabac nulle ou élevée. Ce score prend également en compte des données liés à la santé cardio-métabolique, à savoir si le patient a des antécédents de maladie cardiaque, de diabète, un taux de cholestérol élevé, est obèse ou s'il a une hypertension, mais aussi un dysfonctionnement rénal ou encore de la dépression.

Pour compléter ce LIBRA, les chercheurs ont également caractérisé le "risque génétique de chaque participant" avec deux critères : le premier, c'est la présence ou non du gène APOE-ε4, "qui est le principal facteur de risque génétique de développer la maladie d’Alzheimer", détaille l'étude. Le deuxième critère est un score de risque génétique, "qui regroupe les autres facteurs de susceptibilité génétique de la maladie."

Une meilleure prévention

Le résultat de l'étude, sorti jeudi, montre que plus une personne a un score LIBRA élevé, c'est-à-dire un grand nombre de facteurs "dans le sens défavorable à la santé", plus elle a un risque de développer la maladie, "quelle que soit ses prédispositions génétiques pour l’Alzheimer". Donc, par conséquent, avec un mode de vie plus sain, elle a moins de risque de développer la maladie.

Des données qui auront un effet concret dans la prévention de la maladie, pour le moment incurable. "Des programmes de prévention ciblant les facteurs modifiables liés au mode de vie pourraient bénéficier à tous, même aux personnes qui présentent une prédisposition génétique à la maladie d’Alzheimer", décrypte l'étude de l'Inserm. "Encourager ces personnes à modifier certains de leurs comportements, agir sur des facteurs de risque modifiables, est susceptible d’apporter des bénéfices significatifs pour réduire le vieillissement cognitif et retarder les symptômes de la maladie d’Alzheimer", souligne enfin Cécilia Samieri, directrice de recherche Inserm et co-auteure de l’étude.

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