Protections périodiques gratuites pour les étudiantes : la Fage salue "une volonté de lever le tabou"

Le ministère de l'Enseignement supérieur promet 1 500 distributeurs de protections périodiques dans les universités. Le syndicat étudiant Fage évoque "une prise de conscience".

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Radio France
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Des tampons et serviettes hygiéniques (illustration). (STÉPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

"Pour en avoir discuté avec la ministre, il y a vraiment une volonté de lever le tabou", a salué mardi 23 février sur franceinfo Anna Prado de Oliveira, vice-président en charge de la lutte contre les discriminations à la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé que les protections périodiques seraient gratuites à la rentrée prochaine dans les universités, elle vise le chiffre de 1 500 distributeurs.

Ces distributeurs "seront mis en place dans les services de santé universitaires, mais aussi dans tous les organes dirigés par les Crous, comme les résidences universitaires et les restaurants universitaires", explique Anna Prado de Oliveira, qui salue la volonté de "ne pas cacher les distributeurs dans les toilettes, de les rendre vraiment visibles et accessibles".

"Une personne sur 10 fabrique elle-même ses protections menstruelles, à l'aide d’écharpes, de bouts de coton, de tissus cousus ensemble."

Anna Prado de Oliveira, vice-président de la Fage

à franceinfo

Une mesure rendue particulièrement urgente, au vu de la précarité étudiante, alors que "20% des étudiants et étudiantes vivent sous le seuil de pauvreté", selon une enquête révélée au début du mois de février par la Fage, qui révèle plusieurs chiffres "alarmants""Six étudiants sur dix loupent les cours" pendant leurs règles, "de peur d'avoir des fuites, mais aussi à cause des crampes" et autres douleurs, affirme Anna Prado de Oliveira.

"On lève le tabou", apprécie-t-il, saluant "une prise de conscience, parce qu'il y a de plus en plus de personnes qui osent en parler". Toutefois, "ça fait très peu de temps qu'on accorde de l'importance, par exemple, à l'endométriose, une maladie gynécologique qui est en partie liée aux menstruations", nuance Anna Prado de Oliveira.

Pour le vice-président de la Fage, il reste "un travail global" à faire sur la question. "C'est toute la société qui est touchée par ce sujet des menstruations", poursuit-il, rappelant "qu'il n'y a pas que les femmes qui ont leurs règles : les hommes transgenres, les personnes non-binaires aussi". Au-delà de l’université, le problème touche également durement "les lycéens, lycéennes, collégiens, collégiennes et les personnes qui vivent dans la rue", rappelle Anna Prado de Oliveira, saluant le travail des associations qui fournissent ces dernières en protections menstruelles.

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