Grève des sages-femmes : Marisol Touraine prolonge la réflexion sur leur statut

Les grévistes souhaitent que les sages-femmes exerçant à l'hôpital sortent de la fonction publique hospitalière pour intégrer un statut médical. Ce qui leur permettrait d'être plus autonomes, sur le modèle des médecins.

Des sages-femmes manifestent dans les rues de Paris, lundi 16 décembre 2013. 
Des sages-femmes manifestent dans les rues de Paris, lundi 16 décembre 2013.  (CHARLES PLATIAU / REUTERS )

Le dialogue se poursuivra jusqu'à la fin mars. Tentant d'apaiser la fronde des sages-femmes, en grève depuis le 16 octobre, Marisol Touraine a annoncé la poursuite du dialogue. La ministre de la Santé n'a pas pris de décision concernant leur principale revendication : le statut de la profession. 

Les grévistes souhaitent en effet que les sages-femmes exerçant à l'hôpital sortent de la fonction publique hospitalière pour intégrer un statut médical qui leur permettrait d'être plus autonomes, sur le modèle des médecins. A l'issue de cette annonce, le collectif de sages-femmes grévistes, a indiqué que le mouvement de grève se poursuivait.

"Pas de consensus sur la forme"

Ce statut, au cœur de la grogne, "évoluera, mais il n'y a pas de consensus sur la forme" qu'il doit prendre, a déclaré Marisol Touraine à l'issue d'une table ronde consacrée au rôle des sages-femmes, en présence de son homologue à l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso. "Je crois que nous devons encore travailler", a-t-elle confirmé, indiquant que les représentants des organisations syndicales des praticiens hospitaliers seraient associés à ces discussions. 

Selon la ministre, "il y a deux options sur la table" pour les sages-femmes : "rester dans la fonction publique hospitalière ou créer un nouveau cadre à l'extérieur de la fonction publique hospitalière". 

"Notre revendication d'intégrer les personnels médicaux à l'hôpital a été entendue, puisque nous allons travailler avec ces professionnels médicaux autour de la table", a déclaré Caroline Raquin, représentante du collectif gréviste, à l'issue de la réunion. Elle a d'ailleurs salué "une réelle avancée".

"Une reconnaissance", oui, mais... 

Cependant, de leur côté, les syndicats représentatifs à l'hôpital (CGT, FO, CFDT...) réunis en intersyndicale, sont hostiles à un statut hors fonction publique, qui implique de renoncer à certains avantages.

Vendredi, le ministre du Travail, Michel Sapin, leur a donné raison, affirmant que le travail des sages-femmes "méritait une reconnaissance" mais qu'elles n'étaient "pas des médecins".

Le professeur Pascal Gaucherand, chef du service obstétrique à l'hôpital Femme Mère Enfants de Lyon-Bron a apporté son soutien au mouvement. Lui prône un statut médical à part entière : "Au départ, on leur avait prêté le souhait d'être praticien hospitalier et je crois que ce n'est pas du tout leur revendication, qui est d'avoir un statut médical", a-t-il expliqué. Or, il est "évident qu'elles ne peuvent pas être considérées comme des infirmières, mais comme du personnel médical à part entière".