Les dentistes libéraux en grève contre la réforme de leurs tarifs

Pour protester contre la réforme à venir des tarifs des soins dentaires, les dentistes libéraux sont appelés à se mobiliser dès ce lundi et pendant toute la semaine.

Dans ce bras de fer avec le ministère, les dentistes ont une arme : ils menacent de se déconventionner massivement si n\'est rien fait d\'ici le 1er janvier.
Dans ce bras de fer avec le ministère, les dentistes ont une arme : ils menacent de se déconventionner massivement si n'est rien fait d'ici le 1er janvier. (LOIC VENANCE / AFP)

Des cabinets pourraient être fermés dans une douzaine de départements. Appelés à se mobiliser à partir de ce lundi 12 juin et pendant toute la semaine, les dentistes protestent contre la réforme de leurs tarifs, imposée selon eux par le précédent gouvernement. 

Les dentistes gagnent leur vie grâce aux prothèses 

La réforme prévoit de relever le tarif des soins courants et impose en contrepartie un plafonnement strict du prix des prothèses. Jusqu'à présent, les dentistes gagnaient surtout leur vie grâce aux prothèses : pour la profession, qui entend faire tomber ce règlement arbitral, la réforme est intenable. 

Depuis leur dernière grande manifestation au mois de mars, les dentistes libéraux s'organisent : dans chaque département, des cellules de coordination ont été créées pour fédérer les professionnels. Arthur Blavignac, installé à son compte depuis un an, s'est inscrit le mois dernier dans la cellule de Paris : "Nous cherchons à toucher 100% des dentistes pour que chacun soit informé. Certains ne sont pas au courant ou ont lu de façon très superficielle ce règlement arbitral sans vraiment comprendre le danger très immédiat pour la santé des Français."

"On va vers une médecine à deux vitesses" 

Le combat de la profession, c'est donc de faire annuler l'arbitrage de Marisol Touraine, l'ex-ministre de la Santé. Pour Arthur Blavignac, cette nouvelle grille tarifaire qui impose des plafonds et doit s'appliquer au 1er janvier prochain condamnera certains cabinets à fermer et tirera la qualité des soins vers le bas. "On va vers une médecine à deux vitesses, déplore le praticien. Avec des cabinets low-cost soutenus par les mutuelles d’un côté et de l’autre des cabinets d’élite pour les patients qui peuvent se le payer. En cinq ans, on pourrait avoir environ 25% de fermetures définitives de cabinets libéraux."

Dans ce bras de fer avec le ministère, les dentistes ont une arme : ils menacent de se déconventionner massivement si n'est rien fait d'ici le 1er janvier. À l'arrivée, c'est le patient qui paiera puisqu'avec un dentiste déconventionné, il ne sera plus ou presque plus remboursé.