Produits nocifs dans les encres de tatouage : "On fait attention, mais on ne connaît pas tous les termes techniques", réagissent des professionnels

Des tatoueurs expliquent qu'il est difficile de savoir précisément quelle est la composition des produits qu'ils utilisent.

Article rédigé par
Boris Loumagne - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Bernard, tatoueur dans le 15e arrondissement de Paris, le 18 février 2021.  (BORIS LOUMAGNE / RADIO FRANCE)

"C'est étonnant d’avoir une étude comme ça", estime Michael, tatoueur en région parisienne. Il réagit à l'étude de l'UFC-Que choisir, publiée jeudi 18 février, selon laquelle les trois quarts des encres de tatouage, parmi les plus utilisées en France, présentent un ;risque sanitaire élevé. L'association de défense des consommateurs a testé une vingtaine d'encres et a détecté des colorants interdits ou des substances cancérogènes.

Certains professionnels sont surpris par cette étude. Michael a repéré dans la liste des encres nocives la marque Eternal, qu'il utilise pour la couleur. "Elle revient souvent, explique-t-il. Beaucoup de tatoueurs l'utilisent parce qu'elle a un rendu couleur rarement égalé par d'autres marques". Une grande marque, fabriquée aux États-Unis, que l'artiste pensait sans risque. Il explique qu'il est parfois compliqué d'y voir clair dans la composition des encres.

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"Quand on commande une encre, poursuit Michael, on regarde ce qu’il y a dedans, ce qui convient à nos clients. Il y a des encres véganes, des encres plus naturelles que d’autres. Donc on fait attention à ça, mais après, ça reste quand même de l’encre noire et forcément, on n’a pas tous les termes techniques pour savoir s’il y a des produits extrêmement mauvais."

Un métier injustement montré du doigt, selon certains tatoueurs

Pour d'autres, les résultats de l'enquête d'UFC-Que Choisir ne sont pas vraiment une surprise. "Tous les quatre ou cinq ans, c'est la même chose", réagit Bernard, tatoueur depuis 40 ans à Paris. Il estime que son métier est régulièrement pointé du doigt, à tort. "Les pigmentations, les normes européennes, les trucs sanitaires et tout ça.. Alors c’est sûr qu’il y a très très longtemps, quand j’ai débuté, les encres n’étaient pas de très bonne qualité. Maintenant c’est de très très bonne qualité."

Selon Bernard, "il y a des sociétés qui ne font que des pigments pour les tatoueurs, il n’y a aucun problème. Tout est numéroté, il y a des dates de péremption. Je ne suis pas dans un service sanitaire, je ne sais pas ce qu’il se passe, mais bon, si eux trouvent des produits qui ne sont pas aux normes, c’est bien de le signaler. Maintenant je voudrais voir s’il y a des gens qui ont vraiment été contaminés." Le syndicat des artistes tatoueurs estime également que les complications dues aux tatouages sont rarissimes et bénignes.

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