Plan santé : le syndicat de médecins MG France se réjouit de la création du métier d'assistant médical, une mesure réclamée depuis "longtemps"

Jacques Battistoni, président du premier syndicat de médecins généralistes, MG France, se réjouit sur franceinfo mardi de cette mesure du plan santé qu'Emmanuel Macron doit présenter à 10 heures. 

Jacques Battistoni, président du premier syndicat de médecins généralistes, MG France.
Jacques Battistoni, président du premier syndicat de médecins généralistes, MG France. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

"Nous nous réjouissons" de la création du métier d'assistant médical, a déclaré sur franceinfo mardi 18 septembre Jacques Battistoni, président du premier syndicat de médecins généralistes, MG France, une mesure du plan santé qu'Emmanuel Macron doit présenter à 10 heures. L'assistant médical pourra assister un médecin généraliste dans ses consultations au sein des cabinets de ville. Cet assistant pourra réaliser des prises de tension, des pesées ou d'autres contrôles qui ne nécessitent pas forcément l'intervention d'un médecin. L'Etat veut financer 4 000 postes d'ici 2022, pour un investissement estimé à 200 millions d'euros. "C'est un premier pas", estime Jacques Battistoni.

franceinfo : Est-ce que la création du métier d'assistant médical est une bonne chose, selon vous ?

Jacques Battistoni : Ce que les professionnels de santé attendent en général, c'est que les pouvoirs publics les aident à organiser la réponse à la demande de soins de la population, qui est de plus en plus difficile, notamment en raison de la démographie médicale. Dans ce cadre-là, la création d'un assistant médical est une mesure que nous réclamons depuis longtemps. Nous nous réjouissons donc que ce soit enfin quelque chose que les pouvoirs publics s'apprêtent à mettre en place.

L'Etat va financer la création de 4 000 postes d'ici à 2022, pour un investissement de 200 millions d'euros. Cette somme est-elle suffisante ?

Pour nous, la discussion et la négociation vont commencer sur les modalités d'application. Il faut amorcer les choses, qu'un nombre significatif de médecins, notamment généralistes, puissent avoir rapidement un assistant médical. Cet argent est utile pour démarrer mais, à terme, il faut imaginer que chaque médecin aura probablement besoin, au cours de sa consultation, d'un assistant. On est donc sur des volumes qui nous permettent de démarrer. C'est un premier pas.

Est-ce que certains cabinets de médecins auraient la possibilité d'embaucher un assistant sans l'aide financière de l'Etat ?

On a fait des expériences et certains cabinets le font déjà. C'est extrêmement difficile. Ça oblige ces médecins à partir vers une "course à l'acte" pour payer l'assistant médical. Il faut rapporter les 50 000 euros [par an] qui sont annoncés pour un poste salarié au revenu moyen d'un médecin généraliste. On voit bien que le médecin est obligé d'augmenter beaucoup sa productivité pour payer cet assistant, ce qui est un frein énorme.

Est-ce que les médecins sont prêts à déléguer les tâches dévolues aux assistants médicaux ?

Il faut entendre cela comme un travail en équipe. Il ne s'agit pas tant de certains actes que d'une intervention au fil de la consultation où il y a un partage du travail, une répartition des choses qui se fait de manière très spontanée et naturelle. Certains d'entre nous l'ont expérimenté et, chaque fois qu'ils nous en parlent, ils disent que c'est relativement facile. C'est surtout un confort de travail à la fois pour le professionnel mais aussi pour les gens qui viennent consulter qui est très important.