Endométriose : la chanteuse Lorie demande à Emmanuel Macron d'étendre le droit à congeler des ovocytes

Actuellement, la loi française ne permet pas de conserver ses ovocytes en prévision d'éventuels problèmes de fertilité dus à l'âge.

La chanteuse Lorie, à Monaco, le 16 juin 2018.
La chanteuse Lorie, à Monaco, le 16 juin 2018. (VALERY HACHE / AFP)

"Monsieur Macron, laissez-nous congeler nos ovocytes." Vendredi 19 octobre, la chanteuse Lorie, 36 ans, a demandé au président de la République d'autoriser la congélation préventive d'ovocytes aux femmes atteintes d'endométriose, même dans les formes considérées comme "pas assez sévères" pour en bénéficier, dans une lettre ouverte parue sur le HuffPost.

"Je souffre d'endométriose mais pas assez sévèrement pour que mon pays accompagne mon désir de grossesse, témoigne-t-elle dans ce texte. Le régime actuel limite la congélation ovocytaire aux femmes atteintes d'endométriose 'sévère', ce qui nous pousse à des décisions extrêmes." Elle explique que pour être mère, elle doit "toujours contrevenir à la loi et faire en Espagne" ce que la France lui interdit.

La ministre de la Santé réclame "des garde-fous"

Lorie dit avoir souhaité rencontrer la ministre de la Santé pour "partager [son] expérience". Agnès Buzyn lui a répondu, dimanche 21 octobre. "Je suis favorable à tout ce qui ouvre et donne plus de liberté, mais je souhaiterais qu'il y ait quand même des garde-fous pour que toutes les femmes à l'âge de 30 ans en France ne décident pas de congeler leurs ovocytes pour faire des enfants à 40 ans", a déclaré la ministre lors du "Grand jury" RTL-Le Figaro-LCI.

Dans ce plaidoyer pour une autoconservation plus large des ovocytes, Lorie dénonce la "discrimination entre les régimes de congélation de gamètes des hommes et des femmes". L'autoconservation des ovocytes est actuellement très encadrée : elle est autorisée pour des raisons médicales (cancers, etc.) ou aux femmes qui font don d'une partie d'entre eux. Il n'est en revanche pas permis de les conserver en prévision d'éventuels problèmes de fertilité dus à l'âge, après 35 ans.

En septembre, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'est déclaré favorable à cette nouvelle option pour la future loi de bioéthique dont devrait débattre le Parlement début 2019. "Si l'on m'avait dit qu'à 25 ans la probabilité d'avoir un enfant par cycle était de 25%, de 12% à 35 et de 6% à 40 ans, j'aurais mis toutes les chances de mon côté, en congelant mes ovocytes", remarque aussi la chanteuse dans sa lettre ouverte.