Création des assistants médicaux : le premier syndicat de médecins libéraux a signé l'accord avec l'Assurance maladie

Le président de la Confédération des syndicats médicaux français l'a annoncé en avant-première sur franceinfo.

La Confédération des syndicats médicaux français a adopté le texte à 76%, une large majorité.
La Confédération des syndicats médicaux français a adopté le texte à 76%, une large majorité. (PIERRICK DELOBELLE / MAXPPP)

"La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a décidé d'apposer sa signature" pour "permettre la création effective des assistants médicaux", a annoncé samedi 15 juin sur franceinfo, Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF.

Réunie samedi en assemblée générale extraordinaire, la CSMF "a adopté à une large majorité (76%)" le texte qui permettra la mise en place des assistants médicaux. "A partir de la rentrée de septembre, il peut y avoir déjà des assistants médicaux dans les cabinets français".

franceinfo : Pouvez-vous nous déclarer qu'il va bien y avoir un accord avec l'assurance maladie sur les assistants médicaux ?

Jean-Paul Ortiz : Je peux le déclarer en avant-première. La Confédération des syndicats médicaux français a décidé d'apposer sa signature au bas du texte, ce qui va permettre sa validité, et donc la création effective des assistants médicaux. Il faut maintenant que ça paraisse au Journal officiel. Mais très concrètement, à partir de la rentrée de septembre, il pourra y avoir déjà des assistants médicaux dans les cabinets français. On a imaginé un système qui va permettre de compléter la formation de base de certains professionnels, de façon à ce qu'ils aient une qualification d'assistants médicaux. On a des secrétaires médicales. Elles vont faire de la formation continue pour devenir assistantes médicales. Et effectivement, à la place, il faudra embaucher une secrétaire médicale. Vous avez aussi des aides-soignantes qui cherchent du travail. Elles feront une formation complémentaire à ce moment-là plutôt orientée secrétariat, mais également soignant, pour obtenir cette qualification professionnelle. Cela va se faire avec les instituts de formation continue qui existent. Demain, il y aura des écoles d'assistants médicaux comme en Allemagne.

Alors concrètement pour les patients ça veut dire quoi ? Est-ce qu'on aura enfin un médecin généraliste, un médecin référent dans tous les départements, notamment dans les déserts médicaux ?

La création de ces postes d'assistants médicaux, c'est pour répondre à cette difficulté. Je voudrais quand même souligner une chose, pourquoi on en est là ? On a diminué le nombre d'étudiants formés à 3 500. Aujourd'hui on eb est à 9 200, demain on sera à plus de 10 000. On paie cher cette très mauvaise gestion des effectifs médicaux. Donc, il faut se retrousser les manches. Deuxième chose que je voudrais faire remarquer, contrairement à l'Allemagne, le médecin français est la plupart du temps seul dans son cabinet. Il n'a même pas une secrétaire médicale. Nous souffrons de la dérive de notre métier, de la bureaucratie. L'assistant médical va nous permettre de mieux travailler. Il aura un rôle administratif, un rôle soignant et ça va nous dégager du temps. On pourra prendre en charge plus de patients, ce qui facilitera l'accès aux soins dans les territoires. Les Français trouveront plus facilement un médecin traitant, et ils auront accès plus rapidement à un médecin spécialiste. Voilà l'enjeu. On est prêt à s'engager pour cela, parce qu'on ne peut pas laisser les Français dans cette situation.

Vous serez vigilant à ce que chaque médecin respecte ses engagements ?

C'est un contrat avec l'Assurance maladie, un contrat individuel qu'on a négocié au niveau national. Nous, la CSMF, le premier syndicat médical français, nous représentons les médecins généralistes et les médecins spécialistes. Et nous avons décidé d'engager la profession dans cette modification fondamentale de l'organisation du métier. Bien sûr, il y aura des objectifs de prise en charge supplémentaire de patients. Cela a un coût, et il y a donc un accompagnement financier de la part des caisses d'assurance maladie. La caisse d'assurance maladie nous demande de prendre en charge un pourcentage complémentaire de patients, en tant que médecin traitant, et c'est bien normal. Il faudra que chacun respecte et fasse ses comptes. L'accompagnement de l'Assurance maladie se situe à des niveaux différents, suivant le niveau d'engagement que l'on pense pouvoir faire, et suivant le pourcentage que l'on pense pouvoir faire. Après, chacun s'organisera comme il voudra.

Certains médecins peuvent très bien dire : " ça me coûte cher, donc je ne prends pas d'assistant médical". C'est une crainte ?

Il faut que chaque médecin regarde sa situation particulière. Vous savez, aujourd'hui, on voit que des médecins qui arrivent à l'âge de la retraite ne la prennent pas, parce qu'ils sont malheureux d'abandonner leurs patients. Ils font ce qu'on appelle du cumul emploi retraite jusqu'à 67, 68, 70 ans voire au-delà pour certains. Ça montre que ce n'est pas un métier neutre : c'est un métier passion, tourné vers l'autre. Vous savez, dans tout corps professionnel, il y a beaucoup de variations. L'essentiel, c'est que les patients arrivent à trouver un médecin dans de bonnes conditions.