"C'est simple, vous venez au cabinet et on vous prend tout de suite" : comment la télémédecine s'est vite imposée dans un village de l'Oise

Les actes de médecine à distance sont remboursés par la Sécurité sociale à partir de samedi. Des téléconsultations particulièrement appréciées à Laigneville, dans l'Oise, qui ne compte qu'un seul docteur pour 4 500 habitants.

Au cabinet médical de Laigneville (Oise), une patiente et à une infirmière, ses côtés debout, qui dialoguent avec un médecin à Nancy (Meurthe-et Moselle).
Au cabinet médical de Laigneville (Oise), une patiente et à une infirmière, ses côtés debout, qui dialoguent avec un médecin à Nancy (Meurthe-et Moselle). (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

La télémédecine, remboursée par l'Assurance maladie à partir de samedi 15 septembre, reste confidentielle, mais le gouvernement mise sur cette pratique à distance pour soulager les déserts médicaux. La commune de Laigneville (Oise), compte 4 500 habitants et a déjà franchi le cap en juin dernier. Avec succès.

Succès de la télémédecine à Laigneville (Oise) - un reportage de Solenne Le Hen
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En apparence, le cabinet médical est classique. À l'entrée, des personnes de toutes générations discutent dans la salle d’attente. Dans la pièce d’à côté, on aperçoit, sans surprise, une table d'examen, un pèse-personne, une toise, un lavabo et une imprimante. Le médecin est là, sans être là. Son visage apparaît sur un écran posé sur un chariot, surmonté d'une petite caméra.

Le médecin, physiquement, est à Nancy, à plus de 300 km de Laigneville. La conversation avec la patiente, Mélissa, s'engage comme dans n’importe quel cabinet, avec les salutations d'usage et les interrogations du médecin. Il demande "une auscultation cardiaque et respiratoire". L'infirmière s'en charge. C'est ainsi qu'à distance, le médecin peut écouter les battements du cœur. C'est lui qui donne ses consignes, demande une vérification par "palpation". Le médecin livre son diagnostic et prescrit un traitement. L'ordonnance s'imprime directement dans le cabinet. Mélissa se montre "rassurée" par un rendez-vous "complet".

Je n’ai pas eu besoin de prendre rendez-vous. Je peux passer n’importe quand.Mélissa, une patiente qui teste la télémédecine pour la première foisà franceinfo

Elle a particulièrement apprécié la présence d’une infirmière, "sans être dérangée", dit-elle, par l’absence physique du médecin.

La satisfaction sans réticence d'un réel besoin

Le maire de Laigneville, Christophe Dietrich, a mis en place ce cabinet de télémédecine, ouvert deux jours par semaine, en juin dernier. La commune n'a plus qu'un seul médecin présent en cabinet et il est complètement débordé. Le maire a cherché des médecins, mais il a vite déchanté. L'élu dit avoir rencontré "des bonimenteurs et des marchands de tapis, avec des prétentions surréalistes". "Entre ceux à qui il fallait offrir la maison, ceux à qui il fallait embaucher la femme, ceux à qui il fallait donner 50 000 euros", les solutions étaient limitées. "Avec la télémédecine, c'est simple, vous venez au cabinet, on vous prend tout de suite", lance le maire qui pensait affronter des réticences.

"Rien que le premier mois, on a eu 100 consultations, alors qu’on n'est ouvert que deux jours par semaine", explique Christophe Dietrich. Avec les remboursements maintenant actés, la télémédecine, qui représentait seulement 0,3% des consultations en France en 2017, est amenée à monter en puissance.