Après un cancer : "On n'est plus la même personne, mais on se sent fort", raconte la sportive Valérie Garnier

L'entraîneure de l'équipe de France de basket, impliquée dans l'opération "Octobre rose", s'est confiée samedi 10 octobre sur franceinfo.

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Radio France
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Valérie Garnier à Lyon, le 28 août 2018.  (PHOTO PHILIPPE JUSTE / MAXPPP)

"Nous sommes tous les capitaines de notre santé", a lancé la basketteuse Valérie Garnier dans la vidéo d'appel aux dons de l'association Ruban rose, pour l'opération Octobre rose 2020 contre le cancer. Participer à cette collecte, pour financer la recherche contre le cancer du sein, c'est un moyen pour elle de rappeler l'importance du dépistage et la gravité de la maladie.

franceinfo : Vous avez vous-même été touchée par le cancer en 2017, en pleine compétition, en phase finale du championnat d'Europe. Et à aucun moment vous ne vous êtes arrêtée. Était-ce votre façon de tenir ?

Valérie Garnier : "Oui, on peut dire que ça a été ma résilience. On a découvert mon cancer, grâce au dépistage, deux mois avant le championnat d'Europe. Le temps de faire les examens, je me suis fait opérer un mois après. Puis effectivement, je ne me suis jamais arrêtée de travailler. Ça à été quelque part ma résilience, ma passion, mon travail. Ça me permettait de tenir, d'être entourée et de faire ce que j'aimais le plus. Il y avait certaines joueuses, notamment celles du Bourges Basket et puis Céline Dumerc qui étaient au courant, et bien sûr tout mon staff. Tout le monde était bienveillant avec moi."

Vous disiez : "Le jour, je travaillais et j'allais bien. Le soir je m'arrêtais, j'étais malade."

"Oui, parce que la journée, être emportée par les entraînements, les échanges, tout ce qui fait le quotidien d'un entraîneur national, ça maintient en vie. On oublie [la maladie] parce qu'on est emporté par sa passion. Et puis le soir, on rentre dans sa chambre d'hôtel et puis les proches sont inquiets. On les rassure, on les appelle et là on réalise qu'on est malade. Oui, j'ai eu peur en apprenant que j'avais le cancer, parce que tout de suite on pense au pire. On sait qu'on va rentrer dans un processus. Et surtout c'est soudain. On n'a jamais l'impression que ça peut nous arriver. Il faut inciter les femmes au dépistage parce que cela permet de guérir et de s'en sortir.

Il y a l'intervention, les traitements et puis la fin des traitements. Comment avez-vous vécu l'après ?

"L'après a été très compliqué. On se retrouve dans un no man's land. Je venais de vivre trois mois à 100 à l'heure entre la découverte de ma maladie, la campagne de préparation puis le championnat d'Europe avec l'équipe de France à Prague où nous avions échoué en finale. Et puis derrière, j'ai fais mes deux mois de radiothérapie et puis là en septembre tout s'arrête. J'ai souhaité prendre du recul pendant six mois. Et ma seconde résilience n'est intervenue qu'en mars 2018 quand je suis retournée m'impliquer dans mon métier au Fenerbahçe d'Istanbul.

Avec le recul, qu'est-ce qui a été le plus compliqué pendant toute cette période ?

"D'apprendre, de se faire opérer. Ce qui a été vraiment difficile, ça a été l'après. Lorsqu'on traverse ce genre d'expérience, on met en évidence notre force et non notre faiblesse. On a l'impression de ne plus être la même personne, que les gens, s'ils l'apprennent, vont penser qu'on est faible. Ça a été ma résilience de continuer à entraîner l'équipe de France de basket, ça me permettait de tenir, d'être entourée et de faire ce que j'aimais le plus. On n'est plus la même personne, mais on se sent fort."

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