Aides aux personnes âgées : "Opposer le maintien à domicile et la maison de retraite, c’est une différence qui devient obsolète"

Le rapport sur le financement des aides aux personnes âgées doit être publié jeudi. Un des acteurs du secteur de l'aide à domicile, Petits-fils, appelle une "fluidification" entre les différentes solutions d'aide aux seniors.

La population française va compter trois fois plus de personnes de plus de 85 ans en 2050. (illustration)
La population française va compter trois fois plus de personnes de plus de 85 ans en 2050. (illustration) (VALLAURI NICOLAS / MAXPPP)

La prise en charge des personnes âgées doit être "considérée dans son ensemble", a estimé jeudi 28 mars sur franceinfo Pierre Gauthey, fondateur de Petits-fils, un réseau national d’aide à domicile pour les personnes âgées. Le rapport sur le financement et la prise en charge de la dépendance est attendu jeudi. La population française va compter trois fois plus de personnes de plus de 85 ans en 2050. "Jusqu’à présent on a opposé le maintien à domicile et la maison de retraite. C’est une différence qui devient obsolète", a-t-il ajouté. Il attend de la future loi, "de se positionner sur la fluidification du passage de l'un à l'autre".

franceinfo : Quand on est très âgé, c'est soit l’Ehpad, soit le maintien à domicile. Faut-il en finir avec ce système binaire ?

Pierre Gauthey : Jusqu’à présent, on a opposé le maintien à domicile et la maison de retraite. C’est une différence qui devient obsolète. Aujourd’hui, la prise en charge doit être considérée dans son ensemble, avec des passerelles qui doivent être facilitées, avec le plus souvent au départ un maintien au domicile, des passages en maison de retraite, en hôpital, en soins de suite, des solutions d’Ehpad en court séjour avec des retours à domicile. Ce que l'on attend de cette loi, c’est de se positionner sur la fluidification du passage de l’un à l’autre.

On parle beaucoup de concept "d’Ehpad hors les murs" ?

C’est encore un concept un peu flou. Mais l’idée, c’est l’agilité pour passer d’une organisation à une autre, avec une transmission d’informations facilitée entre les différents acteurs.

Et la question du financement ?

Il y a avant tout, en amont, un sujet autour de l’emploi. Les tendances démographiques sont telles qu’on en aura toujours besoin. Une entreprise comme la nôtre va recruter des centaines de personnes en 2019. Mais, la problématique du financement se pose essentiellement pour le public précaire. Pour les autres, l’aide à domicile est moins chère que la maison de retraite jusqu’à un certain volume de présence de l’auxiliaire de vie. À partir d’un moment, ça devient moins cher d’aller en maison de retraite, donc ça devient un arbitrage sur d’autres critères que les critères financiers.

Auxiliaire de vie, c'est un métier indispensable mais pas assez reconnu ?

Et pourtant ce métier mérite de l’être. Mais c’est un métier pas très attractif et pas très valorisé. Le salaire moyen c’est le smic. Le recrutement, c’est aussi un challenge des prochaines années.