Médecins de garde : l’Ordre alerte sur la progression des "zones blanches"

Dans son rapport annuel sur la permanence des soins, l’Ordre des médecins s’inquiète du manque grandissant de médecins de garde dans certains territoires, en particulier la nuit.

Médecins de garde : l’Ordre alerte sur la progression des \"zones blanches\"
Médecins de garde : l’Ordre alerte sur la progression des "zones blanches" (Crédits Photo : © Pixabay / cezjaw)

Quelle est la situation de la médecine de garde en France ? L’Ordre des médecins a rendu le 25 mars 2019 son rapport annuel sur la permanence des soins ambulatoires. Principale conclusion de l’enquête : l'absence de médecin de garde dans certains territoires s'est aggravée en 2018, en particulier en "nuit profonde" c’est-à-dire entre minuit et huit heures du matin.

30 départements en "zone blanche" la nuit

Cette période nocturne inquiète particulièrement l’Ordre des médecins car "sur ce créneau, plus aucun territoire n’est couvert pour 30 départements", dont l’Ain, l’Ardèche, la Charente, la Dordogne, la Drôme, le Puy-de-Dôme, la Seine-et-Marne et la Vienne depuis l'an dernier. Et "il est possible que cette tendance à la baisse se confirme en 2019", prédit l'Ordre, observant que "la région Grand-Est prévoit un arrêt des gardes sur ce créneau pour l'ensemble de ses départements". La tendance pourrait également se propager aux créneaux du soir puisque les "gardes de soirées en semaine semblent également être remises en question par une partie des médecins", comme dans les Bouches-du-Rhône, le Calvados, la Charente, la Côte-d'Or, le Doubs et la Meurthe-et-Moselle, où le désengagement des médecins "est déjà une réalité", selon l’Ordre.

Dans ces déserts sans garde, ce sont le Samu et les urgences hospitalières qui interviennent si nécessaire. C'était le cas l'an dernier dans 3% des "territoires de garde" les weekends et jours fériés, 9% les soirs de semaine (entre 20h et minuit) et 77% en "nuit profonde", selon l'Ordre des médecins.

Un "désengagement des médecins libéraux"

Les principales causes évoquées pour expliquer cette progression sont un "désengagement des médecins libéraux" pour les permanences de soins, une baisse de la démographie médicale jugée "particulièrement fragile" dans certains secteurs, ainsi qu’une réduction du nombre de territoires conduisant à des secteurs de garde trop vastes.

Derrière cette réduction se cache, selon le rapport annuel de l’Ordre des médecins, une "recherche d’efficience financière" de la part des Agences régionales de santé (ARS) qui les pousse à fusionner des secteurs de gardes sans tenir compte des besoins. Résultats de cette fusion des territoires : un allongement des distances à parcourir pour les médecins comme pour les patients, un désengagement des médecins dans la permanence des soins et une augmentation du nombre de demandes de soins non-programmés à prendre en charge pour le médecin qui assure la garde. Autant de facteurs qui contribuent à la fragilisation du système de permanence des soins.