Fin de la sécurité sociale étudiante : qui est gagnant ?

Depuis 1948, des mutuelles spécialisées étaient chargées de rembourser les frais de santé des étudiants. Ce régime d’exception a été supprimé le 31 août dernier. 

SMEREP, LMDE… Depuis le 1er septembre, les étudiants n’ont plus besoin de s’affilier à des mutuelles spécifiques pour se faire rembourser leurs frais de santé. Ils basculent automatiquement vers le régime général.

  • Fin des démarches pour les étudiants...

Les étudiants sont rattachés de fait à la caisse primaire d’assurance proche de leur domicile. Ils recevront courant septembre un email pour leur préciser leurs nouveaux contacts et les services proposés. Pour ceux qui commencent leur vie étudiante cette année, pas de démarches non plus, ils restent affiliés à leur régime d’origine, généralement celui de leurs parents.

  • ... et moins de dépenses 

Auparavant les étudiants devaient payer une cotisation de 217 euros, uniquement pour leurs soins médicaux. C’est terminé. Avec cette réforme, l’Etat prend ces frais à sa charge. Les étudiants, non boursiers, payent en revanche une nouvelle contribution - dite de vie étudiante et de campus. 90 euros consacré notamment à la prévention dans le domaine de la santé. Une mission jusqu’ici assignée aux mutuelles étudiantes.

  • Les syndicats étudiants mitigés

La FAGE, un syndicat étudiant, est plutôt satisfait. C'était une de leur demande depuis longtemps. Moins de lourdeurs administratives, plus de pouvoir d’achat… c’est positif. L’UNEF en revanche, un autre syndicat, craint que les besoins spécifiques des étudiants en matière de santé soient moins bien pris en compte par l’assurance maladie. De plus, ce changement de mutuelle représentait aussi un passage symbolique à la vie d’adulte, une certaine autonomie de ces jeunes… Maintenant par facilité ils resteront plus longtemps affiliés à celle de leurs parents. Ce que regrette le syndicat.

  • Trop de dysfonctionnements

Depuis plusieurs années ces mutuelles étudiantes étaient dans le collimateur du gouvernement. Frais de gestion élevés, remboursements tardifs, problèmes réguliers lors de la délivrance de la carte vitale… Elles accumulaient les dysfonctionnements et surtout une dette colossale… Plus de 30 millions d’euros dans le cas de la LMDE. L’Etat a donc décidé de faire sans. 70 % des effectifs de ces mutuelles ont depuis été transférés à la sécurité sociale. Aujourd’hui elles continuent leurs actions de prévention et vendent des complémentaires santé, qui sont facultatives.

  • Quel avenir pour les mutuelles étudiantes ?

Pour les mutuelles c’est un coup dur. Elles perdent près de 80% de leurs activités et de leurs revenus. Depuis 70 ans, elles se chargeaient de la gestion du régime d’assurance maladie obligatoire des étudiants à la place de la caisse nationale d’assurance maladie. Elles délivraient les cartes vitales, remboursaient les frais médicaux, faisaient de la prévention... Une mission de service public que leur avait confiée l’Etat.

 

Fin de la sécurité sociale étudiante : qui est gagnant ?
Fin de la sécurité sociale étudiante : qui est gagnant ?