Médicaments : "satisfait ou remboursé" ?

Rembourser l'intégralité d'un traitement s'il n'est pas efficace... c'est la dernière idée des laboratoires pharmaceutiques pour accompagner l'arrivée sur le marché de molécules de plus en plus onéreuses. Un mécanisme approuvé par l'Assurance-maladie, mais compliqué à mettre en œuvre.

Le laboratoire Celgene est l'un des premiers à avoir mis en place ce dispositif consistant à rembourser ou à accorder des réductions si les médicaments ne se montrent pas aussi efficaces qu'annoncé. Cette firme américaine commercialise l'Imnovid®, un traitement contre le myélome multiple, un cancer de la moelle osseuse. Un médicament innovant qui coûte 8.900 euros par mois, entièrement remboursé par l'Assurance-maladie. Mais ce médicament n’est efficace que chez 30% des patients. Un système de suivi individuel a donc été mis en place pour évaluer la réponse de chaque malade.

"Le myélome est une maladie dans laquelle on peut mesurer facilement l’efficacité des traitements par des analyses de sang et d’urines. Généralement, les patients répondent rapidement, au bout de deux ou trois mois de traitement", explique le Pr Thierry Facon, hématologue à l’hôpital Claude Huriez, à Lille.

Ces résultats sont reportés chaque mois par le médecin sur un document anonyme envoyé à une société indépendante qui est chargée de faire les comptes. Car dans le cas où ce traitement est un échec, le laboratoire s'engage à rembourser l’Assurance-maladie.

"C’est notre conception, en adéquation avec ce que la société française ressent, c’est-à-dire la nécessité d’avoir une attitude responsable vis-à-vis des dépenses de santé", affirme Dr Jérôme Garnier, directeur médical du laboratoire Celgene.

Il s'agit également d'un joli coup marketing de la part du laboratoire, mais ce nouveau type de négociations sur la fixation du prix des médicaments n'est pas toujours évident à mettre en œuvre, d'autant plus que c'est à l’Assurance-maladie d'avancer l’argent.

Aujourd'hui, on ne connaît pas encore le montant potentiel des économies qui pourront être réalisées par l'Assurance-maladie. Il faut attendre un an pour évaluer les bénéfices et déterminer le montant du chèque à signer par le laboratoire.